NOUVELLES

Irak: profanation d'un cimetière sabéen à Kirkouk

05/04/2012 07:13 EDT | Actualisé 05/06/2012 05:12 EDT

Une vingtaine de tombes ont été profanées ces derniers jours dans le cimetière sabéen de la ville pétrolière de Kirkouk, a indiqué jeudi à l'AFP un membre du conseil provincial appartenant à cette communauté.

"Des inconnus ont endommagé ou détruit mardi et mercredi vingt tombes et ont fait disparaître la barrière qui ceint le cimetière sabéen", a déclaré Ghassan Mouslem Bardi.

"Nous dénonçons cette profanation et ces destructions de tombes. De tels actes sont interdits par toutes les religions et communautés. Il faut que le gouvernement provincial dégage un budget pour réhabiliter les tombes", a-t-il ajouté.

Ce cimetière du sud de Kirkouk, à 255 km au nord de Bagdad, a été érigé en 1978 et abrite une centaine de tombes. Selon M. Bardi, la ville compte plusieurs milliers de Sabéens, dont beaucoup sont installés depuis un siècle.

"C'est un acte d'une grande lâcheté contre les Sabéens qui a suscité la douleur dans notre communauté. Il faut nous protéger", a souligné Waad Haitham, 35 ans, responsable du temple sabéen de la ville.

Connus aussi sous le nom de Mandéens, les Sabéens parlent traditionnellement une forme d'araméen, la langue du Christ, considèrent Adam comme leur prophète et vénèrent saint Jean-Baptiste.

Leurs racines remontent aux temps pré-chrétiens et certains chercheurs pensent qu'ils constituent une branche hérétique du judaïsme qui a gagné la Mésopotamie au IIe siècle avant Jésus-Christ.

Lors de leur nouvel an en juillet, vêtus d'un linge blanc, ils s'immergent trois fois dans l'eau du Tigre.

Au début des années 1980, ils étaient plus de 100.000 en Irak, mais avec les guerres menées par Saddam Hussein contre l'Iran et le Koweït, leur importance a diminué. Il n'en restait plus que 35.000 avant le renversement du dictateur en 2003.

"Depuis 2003, 800 de nos coreligionnaires sont morts car nous n'avons personne pour nous protéger. Ils ont été tués par Al-Qaïda, par d'autres milices ou des gangsters", avait assuré en juillet 2010 le porte-parole de la communauté, Seif Rifaat.

Beaucoup de Sabéens sont bijoutiers et ont été la cible d'attaques. En avril 2009, le braquage de deux bijouteries de la capitale tenues par des Sabéens avait fait sept morts, dont trois membres de cette très ancienne minorité aujourd'hui menacée.

str/sk/sbh

PLUS:afp