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Chypre: un expert de l'ONU appelle à un meilleur accès aux sites religieux

05/04/2012 10:21 EDT | Actualisé 05/06/2012 05:12 EDT

Le rapporteur spécial de l'ONU sur la liberté du culte, Heiner Bielefeldt, en visite à Chypre, a appelé jeudi à un meilleur accès aux lieux de culte dans les deux secteurs de l'île divisée.

Selon M. Bielefeldt, qui s'est rendu au Nord comme au Sud de Chypre, l'accès aux sites religieux et aux cimetières s'est amélioré depuis que les Chypriotes peuvent franchir la ligne verte divisant le pays, une réforme initiée en 2003.

Mais le responsable de l'ONU s'est dit "particulièrement scandalisé par de récents actes de vandalisme" contre les églises grecques-orthodoxes abandonnées après l'invasion turque en 1974.

Selon lui, 500 églises ont été vandalisées, pillées, détruites ou profanées au Nord. "J'ai vu des églises où les jeunes jouaient au football", a-t-il insisté lors d'une conférence de presse, évoquant aussi des cimetières chrétiens profanés.

Dans le Nord, il ne reste qu'une minorité de grecs-orthodoxes et de maronites, qui n'ont pas accès à de nombreux monuments et églises historiques situés dans des zones militaires.

Dans la République de Chypre au Sud, membre de l'Union européenne, les musulmans chypriotes-turcs, asiatiques ou arabes dénoncent pour leur part l'absence d'éducation religieuse et le manque de fonds pour l'entretien des mosquées et des cimetières.

"Les heures d'ouverture du musée Hala Sultan Tekke empêchent les musulmans de prier cinq fois par jour dans cette mosquée", a regretté M. Bielefeldt. Tekke, à Larnaca (sud-est), est considéré comme l'un des plus importants sites religieux musulmans au monde.

Les membres des autres religions -- essentiellement anglicans, protestants, bouddhistes, bahaï et témoins de Jéhovah -- qui sont au total quelques dizaines de milliers de membres, se sentent également marginalisés, peinant par exemple à obtenir les autorisations pour l'établissement de leurs lieux de culte.

"Il y a aussi eu des cas où des personnes demandant l'asile sur des bases religieuses ont été expulsées vers leur pays d'origine malgré le risque de persécution religieuse", a dénoncé M Bielefeld.

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