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Le taux de chômage a baissé de 0,2 point de pourcentage en mars au Canada

05/04/2012 08:49 EDT | Actualisé 05/06/2012 05:12 EDT
AP

OTTAWA - Après des mois de stagnation et même de pertes d'emplois, l'économie canadienne a connu en mars son meilleur mois depuis la fin de la récession, accueillant 82 300 nouveaux travailleurs au sein de la population active.

Ces nouveaux emplois sont six fois plus nombreux que ceux créés lors des sept mois précédent pris ensemble et constituent le plus important gain à ce chapitre depuis septembre 2008, juste avant que l'économie canadienne soit touchée par les contrecoups de la crise du crédit américaine qui déclenché la récession mondiale.

Le gain de mars, composé presque en totalité d'emplois à temps plein, a fait reculer le taux de chômage de 0,2 point de pourcentage, à 7,2 pour cent.

Après quelques mois particulièrement difficiles, le marché du travail du Québec a affiché en mars un gain net de 36 400 nouveaux emplois, et le taux de chômage y a cédé 0,5 point de pourcentage à 7,9 pour cent.

Le rapport de Statistique Canada, largement plus positif que prévu, a eu pour effet de faire grimper le dollar canadien de 0,26 cent US à 100,62 cents US.

Les bonnes nouvelles comprises dans le rapport de l'agence gouvernementale s'étendaient même aux plus petits détails. Par exemple, le nombre d'heures travaillées a grimpé de 0,5 pour cent et le salaire horaire moyen a augmenté de 2,6 pour cent en valeur annualisée, par rapport à 2,0 pour cent précédemment, son rythme le plus rapide en un an.

Les gains du secteur privé ont été deux fois plus importants que ceux du secteur gouvernemental, tandis que la catégorie du travail autonome n'a représenté qu'environ le quart du nombre net de nouveaux emplois. En outre, la vaste majorité des nouveaux emplois est survenue dans les régions les plus populeuses.

«Je crois que cela démontre vraiment que le marché de l'emploi est sorti de sa torpeur», a observé l'économiste en chef adjoint de la Banque de Montréal, Douglas Porter.

Cela pourrait «changer l'allure du débat» au sujet du moment que choisira la Banque du Canada pour hausser son taux d'intérêt directeur, a noté M. Porter, qui croit par ailleurs qu'il est toujours peu probable que cela n'ait lieu bientôt.

La Banque du Canada s'est inquiétée des risques potentiels liés à une longue période de faibles taux d'intérêt, puisque cela simule les emprunts des consommateurs et que l'endettement des ménages a récemment atteint des niveaux records.

D'un autre côté, la banque centrale a indiqué que la reprise suivant la récession de 2008-09 avait été lente en raison de divers facteurs, dont la vigueur du dollar canadien — qui complique la vie des exportateurs — et les problèmes économiques des grands marchés traditionnels comme les États-Unis et l'Europe.

Plus récemment, certains observateurs ont noté que la récente hausse des prix de l'essence pourrait freiner la croissance économique mondiale, puisque l'argent dépensé par les entreprises et les particuliers pour acheter de l'essence n'est pas investi ailleurs.

«Un élan bienvenu»

M. Porter a averti les Canadiens de ne pas s'attendre au genre de croissance observée en mars pour les mois à venir, notant au passage que les températures inhabituellement chaudes du mois dernier avaient eu pour conséquence de devancer certains emplois saisonniers et que le secteur public avait enregistré une hausse de 21 000 emplois, ce qui est peu courant pendant les périodes d'austérité.

«Malgré tout, le rapport (de Statistique Canada) est très encourageant parce qu'il montre clairement que l'économie nationale détient toujours un certain élan sous-jacent — et celui-ci est bienvenu en cette période de compressions gouvernementales», a indiqué M. Porter.

Le Canada n'avait pas connu de mois de création d'emploi significative depuis septembre, mais sa performance, à ce moment-là, était largement attribuable à des facteurs saisonniers — notamment à l'embauche dans le secteur de l'éducation pour la rentrée scolaire — et avait été renversée le mois suivant.

Mais cette fois, certains voient les gains avec plus d'optimisme.

L'économie américaine a créé plus de 200 000 nouveaux emplois ces trois derniers mois et le gouverneur de la Banque du Canada, Mark Carney, a commencé à évoquer de meilleures conditions sous-jacentes au Canada, en conséquence de l'amélioration de la situation aux États-Unis et de l'atténuation des craintes vis-à-vis de la crise des dettes en Europe.

Les nouveaux emplois sont apparus dans la plupart des industries le mois dernier.

Les hausses les plus significatives ont été observées dans les soins de santé et l'assistance sociale — un gain de 32 000 —, tandis que 28 000 emplois ont été créés dans le secteur de l'information, de la culture et des loisirs. L'administration publique a accueilli 15 000 nouveaux travailleurs.

L'emploi dans le secteur des ressources naturelles a progressé, et de modestes gains ont même été observés dans les secteurs de la fabrication et de la construction, deux industries qui avaient connus des revers récemment.

Les services d'enseignement ont quant à eux affiché une baisse de 25 000 emplois, laquelle a renversé les gains des deux derniers mois.

Un autre revirement de tendance a eu lieu dans l'emploi pour les jeunes travailleurs de 15 à 24 ans, une tranche d'âge qui a gagné environ 39 000 emplois. Cela a fait reculer le taux de chômage de ce groupe de 0,8 point de pourcentage à 13,9 pour cent.

La forte création d'emploi du mois dernier fait grimper le total de nouveaux emplois à près de 200 000 pour les 12 derniers mois.

Parmi les provinces, l'emploi a progressé au Québec, en Ontario et au Manitoba, alors qu'il a reculé au Nouveau-Brunswick et en Nouvelle-Écosse.

En Ontario, le taux de chômage est passé de 7,6 pour cent à 7,4 pour cent, tandis qu'il a grimpé d'un dixième de point à 10,2 pour cent au Nouveau-Brunswick.