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Volvo Ocean Race (5e étape) - Mer cruelle: Groupama 4 (Cammas) démâte

04/04/2012 01:32 EDT | Actualisé 04/06/2012 05:12 EDT

Le voilier français Groupama 4, qui effectuait une course magnifique dans la 5e étape de la Volvo Ocean Race, a à son tour payé mercredi un lourd tribut à la mer, démâtant dans l'Atlantique sud à environ 48 heures de l'arrivée au Brésil.

Le skipper du grand (21,50 m) monocoque orange et vert, Franck Cammas, a annoncé la nouvelle vers 17h00 (heure française). Au moment de l'incident, Groupama 4 était en tête de la course et se trouvait à 60 milles au large des côtes uruguayennes. Le voilier naviguait au près babord amure dans un vent de secteur nord d'une vingtaine de noeuds.

Le mât s'est brisé au niveau du premier étage de barres de flèche, une dizaine de mètres au dessus du pont. Dans sa chute, l'espar a blessé légèrement un équipier d'avant, le Néo-Zélandais Brad Marsh, touché à l'avant-bras.

Les dix autres membres de l'équipage, skipper inclus, sont indemnes.

"Nous venons de perdre le mât, tout l'équipage va bien. Nous travaillons à stabiliser la situation avec le bateau. Pas simple", a indiqué Cammas au QG de la course, à Alicante (Espagne). "Nous suspendons la course maintenant et regardons ce que nous allons faire. Nous sommes à 59 milles de Punta del Este".

Le skipper français a précisé qu'il ne demandait pas d'assistance.

Aucune explication n'a été fournie sur les causes de ce démâtage survenu au large de l'immense estuaire du Rio de la Plata.

Deux options sont à l'étude: la première consisterait à poursuivre la course sous gréement de fortune vers Itajaï (Brésil), ville d'arrivée distante de 650 milles nautiques. La seconde serait de rejoindre Punta del Este pour y attendre le mât de secours, stocké à Rotterdam aux Pays-Bas.

Une fois regréé, Groupama 4 reprendrait la course au point où elle a été suspendue pour rallier Itajaï.

Lors de cette fortune de mer, Groupama 4 devançait de quelques milles son adversaire américain Puma (Ken Read) et le leader du classement général, le voilier espagnol Telefonica (Iker Martinez).

Sur les trois autres voiliers qui avaient pris le départ de la course, deux -Sanya (CHN/Mike Sanderson) et Abu Dhabi (UAE/Ian Walker)- ont déjà abandonné dans cette 5e étape et le troisième, le Néo-Zélandais Camper (Chris Nicholson) a suspendu la course pour effectuer des réparations dans le port chilien de Puerto Montt.

Ce démâtage est un coup particulièrement cruel pour Franck Cammas et son équipage, qui occupaient une superbe 2e place au classement général provisoire de la flotte derrière Telefonica. Groupama 4 avait notamment brillamment remporté la 4e étape Sanya (Chine) - Auckland (Nouvelle-Zélande), le 10 mars.

Huit jours plus tard, le VO70 français et ses cinq adversaires étaient repartis d'Auckland en direction d'Itajai: étape reine, longue de 6705 milles via le redoutable cap Horn. Très vite, les 40e Rugissants et les 50e Hurlants ont été à la hauteur de leur réputation, infligeant à la flotte des dégâts importants.

Malgré ces conditions météo exécrables (vents violents, mer énorme), Groupama 4 avait dès le 23 mars pris la tête de la flotte, doublant le cap Horn le premier une semaine plus tard.

Depuis le passage du Horn, Cammas et Read se livraient à une régate océanique d'anthologie, naviguant à vue après plusieurs milliers de milles de parcourus. Il est encore trop tôt pour avancer une explication à ce coup du sort, mais il n'est pas impossible que Groupama 4 ait payé mercredi les efforts consentis dans le Grand Sud.

L'équipage de Telefonica a très sportivement adressé un message à celui de Groupama 4, lui souhaitant "toute la chance du monde (...). C'est une formidable équipe qui a gagné l'étape précédente et était sur le point de remporter celle-ci aussi".

heg/eb

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