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USA: regonflé par trois victoires aux primaires, Romney s'en prend à Obama

04/04/2012 12:17 EDT | Actualisé 04/06/2012 05:12 EDT

Le favori de la course à l'investiture républicaine pour la présidentielle de novembre Mitt Romney, regonflé par trois nouvelles victoires dans des élections primaires, s'en est pris ouvertement à Barack Obama mercredi, ignorant ses adversaires conservateurs.

"Le président Obama et moi avons des visions très différentes pour l'Amérique", a déclaré M. Romney lors d'un déjeuner en présence de journalistes et de responsables de la presse organisé par l'agence Associated Press à Washington.

Ses victoires dans le Maryland (est), le Wisconsin (nord) et la capitale fédérale Washington mardi soir ont renforcé sa position de favori devant son principal rival Rick Santorum.

Lors de son discours mercredi, M. Romney, qui se comporte comme l'adversaire désigné du président Obama, n'a mentionné ni Rick Santorum ni ses deux autres rivaux Newt Gingrich et Ron Paul.

Sa cible numéro un est devenue depuis quelques jours le président démocrate sortant. "Le président Obama a répondu à la crise économique par plus de dépenses, plus de dettes et une intervention plus grande du gouvernement" dans la vie publique, a martelé M. Romney.

"Le président a dit l'autre jour que sa présidence avait été une grande présidence, dans la lignée de présidents du passé. Je ne pense pas que ce soit le cas", a-t-il encore insisté, ajoutant: "Si vous regardez les législations qu'il a promulguées, elles n'ont pas fait redémarrer l'économie (...) Il n'y a pas de quoi être fier".

Mardi, Barack Obama s'était lui aussi exprimé devant les mêmes responsables de presse à Washington. Il avait plaisanté sur son récent incident de micro en compagnie du président russe Dmitri Medvedev, lançant: "C'est un plaisir de vous parler derrière un micro... que j'ai repéré".

M. Obama s'était laissé piéger par un micro encore ouvert la semaine dernière lors d'un entretien à Séoul avec son homologue russe, la presse l'entendant expliquer à M. Medvedev qu'il pourrait être plus souple sur la question du bouclier anti-missile après la prochaine présidentielle aux Etats-Unis.

Mercredi, Mitt Romney en a profité pour renouveler sa critique du président à ce sujet. "Les candidats doivent être francs à propos de leurs opinions et de leurs projets", a-t-il dit avant d'ajouter: "cet incident met gravement en cause sa sincérité".

Par ailleurs, interrogé au sujet des excuses présentées par M. Obama au président afghan Hamid Karzaï pour l'incinération d'exemplaires du Coran par des soldats américains, M. Romney a répondu qu'il "n'est pas convenable pour le président des Etats-Unis de présenter des excuses".

Après ce discours, M. Romney s'est rendu en Pennsylvanie (est) où une primaire se tiendra le 24 avril.

De son côté, M. Santorum est loin de concéder la victoire à Mitt Romney. Dès mercredi, il se trouvait lui aussi en Pennsylvanie, son Etat d'origine, où il compte mener une intense campagne.

"La route est longue" dans les primaires républicaines, a-t-il déclaré devant quelques centaines de personnes rassemblées dans un tribunal à Hollydaysburg. "Choisir le bon candidat est plus important que choisir le premier candidat", a-t-il dit en faisant allusion à M. Romney.

Une défaite de Rick Santorum en Pennsylvanie remettrait sérieusement en cause sa candidature.

emp-mlm/sam

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