Près de 1100 supressions de postes au sein du ministère de la Défense

Flaherty

Première Publication: 4/04/2012 08:09 Mis à jour: 4/04/2012 18:29

OTTAWA - La fonction publique fédérale a déjà vu des coupes importantes être assénées à son effectif par le passé. Jamais, cependant, les choses se sont faites avec tant d'opacité, déplorent les syndicats.

Mercredi, des centaines de fonctionnaires devaient recevoir une lettre les avisant que leur emploi était menacé.

Dans son budget déposé la semaine dernière, le gouvernement conservateur a annoncé l'abolition de 19 200 postes au cours des trois prochaines années.

Or les syndicats affirment que les compressions seront dans les faits bien plus sévères. En effet, 6300 emplois ciblés par la révision stratégique de 2007 à 2010 restent encore à être coupés, en plus de ceux annoncés la semaine dernière par le ministre des Finances, Jim Flaherty.

Il faut ajouter à cela l'abolition de 9700 postes en lien avec les récents gels d'embauche.

Enfin, des milliers d'employés temporaires ne verront tout simplement pas leur contrat être renouvelé.

Le chiffre du ministre ne comprend pas non plus les coupes d'agences qui reçoivent leur financement du fédéral, comme la Société Radio-Canada, où 650 postes seront supprimés.

«Je peux vous dire que je n'ai jamais vu les niveaux de stress parmi nos employés aussi élevés. C'est à cause de l'incertitude, c'est à cause du fait que nous n'avons pas l'information, on ne sait pas où est-ce qu'on s'en va et qui sera touché», a confié Larry Rousseau de l'Alliance de la Fonction publique du Canada (AFPC).

Impossible de procéder à une telle saignée sans affecter les services aux citoyens, croit sa collègue Patty Ducharme.

«On demande au gouvernement de donner aux Canadiens les chiffres clairs sur exactement quels services seront coupés. Où? Quand? Et comment?», a-t-elle demandé. Sans cette information, ce n'est qu'au moment où le service sera supprimé que les citoyens se rendront compte de ce qu'ils perdront, a-t-elle avancé.

Les compressions libérales de la dernière décennie étaient peut-être élevées, mais elles étaient faites dans les règles de l'art, a soutenu M. Rousseau.

«Dans les années 1990, l'approche était planifiée, centralisée, nous savions exactement à l'avance à quoi s'attendre. On n'avait pas besoin de s'interroger sur où est-ce qu'on allait couper.»

Coupes déjà annoncées

Le ministère de la Défense nationale figure parmi les premiers à avoir reçu de mauvaises nouvelles. L'Union des employés de la Défense nationale a affirmé mercredi qu'environ 1100 postes civils seront éliminés à la grandeur du Canada, notamment sur des bases militaires et des sites destinés aux réservistes.

De ce nombre, pas moins du tiers affectera les employés oeuvrant au Québec.

Son président, John MacLennan, affirme qu'il y aura des coupes dans tous les domaines, des services d'alimentation jusqu'au secteur de la recherche et développement. Malgré tout, le gouvernement fédéral s'est engagé à ne pas réduire le nombre de militaires et de réservistes.

M. MacLennan a indiqué que cette décision des conservateurs soulève plusieurs questions au sein des travailleurs de l'Union, qui effectuent tout le travail afin d'appuyer les militaires.

«Si le gouvernement ne coupe pas la taille de l'armée et ne ferme aucune base, qui va faire tout le travail?», s'est-il demandé.

L'Institut professionnel de la fonction publique du Canada a pour sa part annoncé mercredi que 400 membres avaient déjà reçu une lettre les avisant qu'ils pourraient perdre leur emploi.

De ce chiffre, il faut compter environ 70 agents de commerce de l'Agence de développement économique du Canada pour les régions du Québec.

Les partis d'opposition se rangent du côté des syndicats pour dénoncer l'attitude du gouvernement conservateur dans sa gestion des compressions chez les fonctionnaires.

«Sur le plan humain, c'est très injuste ce qui est en train d'être fait (...). D'avoir un couperet qui menace à tout moment de tomber sur leur emploi, c'est insécurisant pour eux, pour le travail qu'ils doivent faire et pour leur famille», a déploré le leader néo-démocrate Thomas Mulcair.

Les députés du NPD qui représentent une circonscription québécoise où se trouve une base militaire ont d'ailleurs fait paraître un communiqué conjoint pour exprimer leur inquiétude de voir 361 emplois de la Défense nationale disparaître au Québec.

«Au niveau du développement des régions, le Québec risque de souffrir beaucoup de ce genre de coupures, qui se font à la hache par le gouvernement du Canada», a également signalé le chef bloquiste Daniel Paillé.

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  • BUDGET 2012: LES FAITS SAILLANTS

    À la fin de la présente année financière, le déficit s'élèvera à 24,9 milliards $, pour diminuer graduellement afin d'atteindre 1,3 milliard $ en 2014-2015. L'année suivante, le gouvernement prévoit engranger un excédent de 3,4 milliards $. (PC/Sean Kilpatrick)

  • COMPRESSIONS BUDGÉTAIRES

    Le gouvernement réduit de 5,2 milliards $ les dépenses ministérielles, soit 6,9 pour cent de leur budget, avec des départs de 19 200 fonctionnaires à terme, ce qui représente 4,8 pour cent de la fonction publique fédérale.

  • RADIO-CANADA

    Le gouvernement Harper réduit le financement de CBC/Radio-Canada de 115 millions de dollars sur trois ans, soit des compressions de 10 % du budget.

  • LA CENT DISPARAÎT

    La Monnaie royale canadienne cessera de distribuer la pièce d'un cent à compter de l'automne prochain, ce qui permettra des économies annuelles de 11 millions $. (CP photo)

  • LA LOI ET L'ORDRE

    Le ministère fédéral de la Sécurité publique subira une ponction de 179,4 millions $ en 2012-2013. De cette somme, près de la moitié, soit 85,5 millions $, devra être puisée dans le budget des services correctionnels du Canada. En 2014-2015, les économies devront avoir atteint 295,4 millions $ aux services correctionnels du Canada.

  • ENVIRONNEMENT

    Ottawa entend accélérer les processus d'examen environnemental des grands projets. La Table ronde nationale sur l'environnement et l'écologie, une organisation dont le mandat était de trouver des façons de concilier les considérations environnementales et économiques, est abolie.

  • LIBERTÉ 67

    L'âge d'admissibilité aux prestations de la Sécurité de la vieillesse passe de 65 à 67 ans. Il en est de même pour les prestations du Supplément de revenu garanti, dont bénéficient les personnes âgées démunies. La hausse graduelle de l'âge d'admissibilité à ces prestations débutera en avril 2023 et s'étendra jusqu'en janvier 2029.

  • SANTÉ

    Des compressions de 310 millions de dollars d'ici 2014-2015. Santé Canada et l'Agence de santé publique Canada vont fusionner leurs services administratifs. (Alamy photo)

  • RECHERCHE ET DÉVELOPPEMENT

    Le gouvernement annonce une réforme importante de ses programmes d'aide à l'innovation qui se traduira notamment par l'abolition du soutien à la recherche fondamentale et une baisse du crédit d'impôt pour la recherche et le développement.

  • IMMIGRATION

    Le gouvernement compte inciter les entreprises à embaucher des Canadiens avant de recourir aux travailleurs étrangers temporaires. Il veut aussi axer davantage le système d'immigration sur les besoins du marché du travail. (pwenzel on Flickr)

  • AFFAIRES ÉTRANGÈRES

    Le ministère des Affaires étrangères devra vendre certaines résidences, réduire son parc automobile, revoir les allocations de ses employés. Le Canada se retirera de certaines organisations internationales non identifiées jugées non «pertinentes à ses intérêts et priorités». (Amos Ben Gershom/GPO via Getty Images)

  • DÉFENSE

    Le portefeuille de la Défense nationale sera réduit de 326,8 millions $ en 2012-2013 et ultimement de 1,12 milliard $ en 2014-2015. Après la fin de la mission de combat en Afghanistan, la Défense et les Forces armées canadiennes devraient améliorer les processus d'attribution de contrats, rationaliser l'acquisition de matériel de soutien et centraliser la gestion des biens immobiliers, entre autres. Une somme de 5,2 milliards $ en 11 ans sera consacrée au renouvellement de la flotte de la Garde côtière canadienne. (ROMEO GACAD/AFP/Getty Images)

  • KATIMAVIK

    Le programme créé sous Pierre Elliot Trudeau est aboli, <a href="http://quebec.huffingtonpost.ca/2012/03/30/abolition-katimavik-coup-eclat_n_1392454.html" target="_hplink">comme le rapportait le Huffington Post Canada</a>. (CP photo)

  • PÊCHES ET OCÉANS

    Le budget de Pêches et Océans Canada sera réduit de 79,3 million de dollars d'ici 2014-2015, au prix d'une importante restructuration. (AFP/Getty Images)

  • ÉDUCATION AUTOCHTONE

    Une somme de 275 millions $ en trois ans sera consacrée à l'éducation pour les Premières Nations, en plus de 330,8 millions $ en deux ans pour l'amélioration de la qualité de l'eau sur les territoires autochtones. (CP)

  • FONDS DE RETRAITE

    Les fonds de pension des fonctionnaires fédéraux seront modifiés. Le gouvernement propose de rajuster les cotisations des employés de la fonction publique de façon à ce qu'elles en viennent à être égales à celles de l'employeur, soit une proportion de 50-50. Elles ne sont actuellement que de 37 %. Les députés devront aussi faire un effort. Comme les fonctionnaires, ils devront aussi éventuellement débourser 50 % des cotisations à leur fonds de pension, mais le budget ne souffle mot sur de possibles réductions de leurs généreuses prestations, une fois la retraite arrivée. (Alamy photo)

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Publié par Patrick White  |