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Mort du directeur de Sciences Po: autopsie en cours à New York

04/04/2012 10:31 EDT | Actualisé 04/06/2012 05:12 EDT

Une autopsie du corps du directeur de Sciences Po Richard Descoings était en cours mercredi matin à New York, où l'enquête se poursuivait après son décès encore inexpliqué, qui a suscité une énorme émotion en France où il était extrêmement respecté et populaire.

Des informations sur cette autopsie pourraient être disponibles dans la journée de mercredi, a précisé à l'AFP une porte-parole des services du médecin légiste. "L'enquête se poursuit", a déclaré de son côté un porte-parole de la police de New York.

La femme de Richard Descoings, Nadia Descoings, était attendue dans l'après-midi à New York, accompagnée des deux enfants de son premier mariage.

Mardi soir, le commissaire adjoint Paul Browne avait déclaré à l'AFP que les enquêteurs n'avaient pas de "preuve d'acte criminel". Après avoir évoqué une chambre en désordre, il avait précisé que ce désordre était dû au personnel médical qui avait cherché à ranimer M. Descoings, 53 ans, découvert mort, nu sur son lit, vers 13H00 locales.

Le désordre "n'est pas dû à une lutte", avait-il précisé, ajoutant que le corps ne portait "pas de signe de traumatisme".

Il a aussi semblé écarter l'idée d'un cambriolage qui aurait mal tourné, précisant que l'ordinateur portable de M. Descoings avait été retrouvé "à proximité". Selon la chaîne NBC, cet ordinateur et le téléphone de M. Descoings auraient été jetés par la fenêtre de sa chambre au 7e étage, et retrouvés quatre étages plus bas.

Après avoir évoqué "la possibilité que d'autres personnes se soient trouvées dans la chambre à un moment donné", M. Browne s'était ensuite refusé à tout commentaire sur le sujet.

Le New York Post, citant des sources policières, évoquait mercredi la visite de "deux hommes", et des bouteilles d'alcool vides et des anti-dépresseurs trouvés dans la chambre.

Le directeur de Sciences Po était descendu dans la chambre 723 de l'hôtel Michelangelo, dans le centre de Manhattan, pour participer à une conférence de dirigeants d'universités à l'université de Columbia, sous l'égide du secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon.

Sa mort a suscité une énorme émotion dans le monde politique en France, où de nombreux dirigeants ont salué un homme d'exception, un visionnaire qui durant ses 16 ans à la tête de Sciences Po Paris a transformé en profondeur la célèbre école qui forme une partie des élites françaises.

En déplacement à Montréal, Guillaume Pepy, patron de la SNCF et ami très proche de M. Descoings, a été appelé pour se rendre sur les lieux du drame, ont précisé à l'AFP des sources proches de la famille.

A Science Po, une foule silencieuse d'élèves et enseignants a rendu mercredi un hommage ému à ce directeur hors normes.

"+Richie+, c'était un peu une idole, quelqu'un de mythique, mais il restait accessible", racontait Yann Kerhoas, étudiant en première année.

Le président Nicolas Sarkozy a salué un homme "à la carrière exceptionnelle d'un grand serviteur de l'Etat" qui a "profondément réformé" Sciences Po.

François Hollande, candidat socialiste à l'élection présidentielle, a salué en M. Descoings "l'une des figures les plus importantes et les plus reconnues du monde éducatif et universitaire".

M. Descoings avait récemment regretté son "outing forcé" : "je ne vois pas ce que ma prétendue homosexualité a à voir. C'est en plus survenu à l'occasion de mon mariage. Que répondre ? Que je ne suis pas homosexuel ? Non, rien".

Après l'affaire DSK en mai dernier, c'est la deuxième fois en 10 mois que la police new-yorkaise mène une enquête sur une importante personnalité française.

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