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Mali: le front anti-junte rejette la "convention nationale" des putschistes

04/04/2012 10:50 EDT | Actualisé 04/06/2012 05:12 EDT

Le front anti-junte au Mali, qui regroupe partis politiques et organisations de la société civile, a rejeté mercredi la "convention nationale" prévue jeudi par les putschistes pour revenir à l'ordre constitutionnel après le coup d'Etat du 22 mars.

Le Front uni pour la sauvegarde de la démocratie et de la république (FDR) "a appris l'appel lancé" par la junte "pour participer demain jeudi à une convention nationale", indique un communiqué transmis à l'AFP.

Le FDR, qui affirme rassembler une cinquantaine de partis politiques et une "centaine" d'associations et organisations syndicales, "ne participera pas à ladite convention", annonce ce communiqué.

Cette convention "est contraire et incompatible avec le retour à la vie constitutionnelle normale et le rétablissement des institutions décrétés" par la junte, selon le texte.

Le FDR considère également que "les termes de référence de cette convention, le nom et la qualité des participants, son contenu, ses objectifs et ses modalités d'organisation ne sont pas définis".

Dimanche, le chef de la junte qui avait renversé le 22 mars le président Amadou Toumani Touré (dit ATT), le capitaine Amadou Sanogo, avait annoncé de prochaines "consultations avec toutes les forces vives du pays dans le cadre d'une convention nationale".

Ces consultations devaient permettre "la mise en place d'organes de transition en vue de l'organisation d'élections apaisées, libres, ouvertes et démocratiques" auxquelles les membres de la junte ne participeront pas, selon le chef de la junte, qui n'a fixé aucun calendrier pour cette période de transition.

Considérant que cette proposition ne répondait pas à leur exigence d'un retour immédiat à l'ordre constitutionnel, les pays d'Afrique de l'Ouest ont imposé lundi un embargo au Mali, et négocient actuellement avec la junte une "sortie de crise".

Le FDR a proposé un scénario qui exclut le retour du président ATT aux affaires et prévoit notamment la désignation du président de l'Assemblée nationale pour le remplacer, conformément à la Constitution, jusqu'à l'organisation d'une consultation électorale.

Profitant du putsch à Bamako, des rebelles touareg et des groupes islamistes ont pris en fin de semaine le contrôle des trois métropoles du nord du Mali, Kidal, Gao et Tombouctou, quasi sans rencontrer de résistance de la part d'une armée malienne sous-équipée et désorganisée, coupant de fait le pays en deux.

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