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Mali: inquiétude pour 90.000 déplacés dans trois villes du nord (Caritas)

04/04/2012 11:06 EDT | Actualisé 04/06/2012 05:12 EDT

Quelque 90.000 personnes déplacées qui se trouvaient dans les trois villes maliennes de Gao, Tombouctou et Kidal, tombées aux mains des rebelles, sont aujourd'hui "sans assistance", s'est inquiété mercredi un porte-parole de Caritas internationalis à Rome.

Avant l'arrivée des rebelles samedi à Gao, 29.500 personnes, ayant déjà fui des violences dans le nord du pays, étaient réfugiées à Gao, selon Caritas.

Les déplacés étaient 90.000 au total dans les trois villes, et "ces réfugiés sont aujourd'hui dispersés et sans assistance humanitaire", a dénoncé Ryan Worms à l'AFP.

Caritas Internationalis --qui coiffe au Vatican toutes les antennes de secours catholique dans le monde-- demande que "toutes les parties engagées dans cette crise assurent la protection des populations civiles".

"Il faut également que les conditions sécuritaires soient garanties pour que les populations dans le nord du Mali puissent recevoir l'aide humanitaire dont elles ont désespérément besoin", a déclaré le porte-parole.

Selon lui, la situation la plus préoccupante est à Gao, où "la population semble prise au piège, sans possibilité de fuir".

Alors que des groupes islamistes sont dans la ville depuis samedi soir, des services administratifs, des boutiques, des bars, certaines banques ont été pillées. Des Maliens chrétiens doivent se faire discrets ou chercher refuge chez des voisins.

La mission d'où opérait Caritas-Gao "a été détruite tout comme l'église locale, une des plus vieilles du diocèse de Mopti", a-t-il dit.

"Les religieux (catholiques) ont quitté la ville de Goa samedi avant l'arrivée des rebelles mais "un travailleur communautaire bénévole de la Caritas paroissiale, toujours bloqué dans la ville, se cache avec sa famille et n'ose pas sortir", a expliqué M. Worms.

Mardi, Caritas Mali avait indiqué que "d'importants mouvements de populations avaient eu lieu" à Sevare et à Mopti, où "ceux qui le peuvent quittent la ville".

A la demande de la communauté catholique locale, l'évêque, Mgr Georges Fonghoro, les prêtres et les religieuses ont quitté cette ville pour se réfugier plus au sud.

Le Catholic relief service --Caritas États-Unis-- a fermé son bureau de Sevare/Mopti et évacué sur Bamako son personnel national non résident, selon M. Worms.

jlv/mle/jpc

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