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Mali: "donnez-nous des armes!", cri du coeur de centaines de jeunes nordistes

04/04/2012 01:28 EDT | Actualisé 04/06/2012 05:12 EDT

Des centaines de jeunes Maliens originaires du nord du pays ont réclamé des armes lors d'une rencontre de leur association mercredi à Bamako, affirmant vouloir aller "se battre" et "libérer" le nord du Mali sous contrôle de rebelles touareg et groupes islamistes.

"Nous voulons des armes!", "On est prêt à mourir!", "Assez parlé, il faut agir, on en a marre!", "On veut aller libérer nos régions", ont plusieurs fois scandé des jeunes membres du Collectif des ressortissants du Nord (Coren), interrompant les discours lors de l'assemblée générale extraordinaire de cette association.

La rencontre a rassemblé mercredi à Bamako entre 2.500 et 3.000 personnes, dont plusieurs ex-ministres et députés.

"Cette rencontre se tient à un moment douloureux de notre histoire, avec notre pays occupé, notre terroir natal aux mains des envahisseurs et des terroristes", a déploré le président du Coren, Malick Alhousseyni, fustigeant "ceux qui poursuivent l'illusion d'un territoire dénommé Azawad".

Il faisait référence au Mouvement national de libération de l'Azawad (MNLA), qui a déclenché une rébellion mi-janvier, au groupe islamiste Ansar Dine et à Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi).

Profitant d'un coup d'Etat militaire le 22 mars à Bamako contre le président Amadou Toumani Touré, ces trois groupes, appuyés par des trafiquants, ont pris en fin de semaine le contrôle des trois grandes capitales du nord: Kidal, Gao et Tombouctou.

M. Alhousseyni a été chaleureusement applaudi lorsqu'il a parlé de "la libération" du territoire ou de "récupération (des) régions occupées".

Alors qu'il a appelé l'Etat à protéger les populations, il a été au contraire bruyamment désapprouvé par des jeunes. "Il n'y a pas d'Etat", "il n'y a plus personne pour nous protéger", "Donnez-nous des armes, on va se battre!", a-t-on entendu dans le public, où certains étaient debout, poings levés.

Il les a exhortés au calme. "J'invite" tous les ressortissants du Nord "à se rendre à partir de demain (jeudi) à Gao, à Tombouctou et à Kidal pour qu'ensemble, comme Mahatma Gandhi, les mains nues et sans violences, nous chassions les prophètes de la haine, de l'intolérance, des terres sacrées de nos ancêtres", a dit Malick Alhousseyni.

Le nord du Mali est tombé sous le contrôle des groupes armés "du fait de la mise en déroute de notre armée censée nous défendre. (...) Nous devons plus que jamais nous unir, resserrer les rangs et taire les divisions", car "il s'agit de sauver notre cher Mali et le septentrion du Mali", a déclaré l'ex-ministre Ousmane Issoufi Maïga, se disant "triste et amer".

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