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Liste terroriste: Saeed met au défi les USA de prouver quoi que ce soit

04/04/2012 03:58 EDT | Actualisé 04/06/2012 05:12 EDT

Le leader islamiste pakistanais Hafiz Saeed a mis au défi mercredi les Etats-Unis de prouver quoi que ce soit contre lui, après que Washington l'a placé la veille en deuxième position sur sa liste des terroristes présumés les plus recherchés au monde.

Saeed est le fondateur du Lashkar-e-Taïba (LeT), un groupe islamiste accusé d'avoir perpétré les attentats qui ont tué 166 personnes, dont six Américains, à Bombay en 2008.

Avec une récompense pouvant aller jusqu'à 10 millions de dollars en échange de toute information pouvant mener à sa capture ou à son inculpation, il figure en seconde position de la liste, derrière le chef d'Al-Qaïda, l'Egyptien Ayman al-Zawahiri (25 millions de dollars).

Contrairement à la plupart des autres ennemis publics de Washington, souvent en fuite, Hafiz Saeed vit librement et continue d'apparaître publiquement au Pakistan, comme mercredi où il a tenu une conférence de presse à Rawalpindi, ville-jumelle de la capitale Islamabad, pour réagir à l'annonce américaine.

"Si les Etats-Unis veulent me contacter, je suis là, ils peuvent le faire. Je suis également prêt à affronter n'importe quel tribunal américain ou autre s'il y a des preuves contre moi", a-t-il déclaré.

"Les Américains manquent sérieusement d'informations. Ne savent-ils donc pas où je vais, où j'habite et ce que je fais?", a-t-il ajouté.

"Ces récompenses sont d'ordinaire promises pour des gens qui se terrent dans des grottes ou des montagnes. J'aimerais bien que les Américains me donnent cette récompense", a-t-il poursuivi.

Interrogé sur les propos tenus par Hafiz Saeed, un porte-parole du département d'Etat à Washington, Mark Toner, a répondu que le leader islamiste était "pour l'instant, et malheureusement, libre de s'exprimer".

"Mais nous espérons bien pouvoir le mettre derrière les barreaux", a-t-il ajouté.

En offrant une récompense, "nous cherchons à obtenir des informations qui pourront être utilisées devant un tribunal pour le condamner", a ajouté M. Toner, reconnaissant à qu'à ce stade, les renseignements dont disposent les Etats-Unis ne pouvaient être présentés devant la justice.

Hafiz Saeed est un des chefs du Comité de défense du Pakistan, une coalition radicale conservatrice opposée à la réouverture par le Pakistan du ravitaillement de la force de l'Otan en Afghanistan (Isaf), fermé depuis novembre et une bavure de l'Isaf, dirigée par les Etats-Unis, qui a tué 24 soldats pakistanais près de la frontière afghane.

M. Saeed estime que les Etats-Unis l'ont placé sur leur liste terroriste "pour permettre la reprise du ravitaillement" de l'Otan.

Le Pakistan, qui avait placé Hafiz Saeed en résidence surveillée un mois après les attentats de Bombay, l'a libéré en 2009, officiellement faute de preuves.

Nombre d'observateurs estiment qu'il restera en liberté en dépit de l'annonce américaine, en l'absence de preuves et eu égard aux liens historiques existant entre le LeT, accusé de plusieurs attentats contre l'Inde, le traditionnel rival d'Islamabad, et la puissante armée pakistanaise.

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