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Le Sénat assène le coup de grâce au registre des armes d'épaule

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Créé en 1995, le registre canadien des armes d'épaule n'est plus. (PC/Jonathan Hayward)
Créé en 1995, le registre canadien des armes d'épaule n'est plus. (PC/Jonathan Hayward)

(Radio-Canada.ca - PC)

Créé en 1995, le registre canadien des armes d'épaule n'est plus. Le Sénat a adopté mercredi soir la loi visant à l'abolir, par 50 voix contre 27. Trois sénateurs libéraux et un indépendant ont voté avec les conservateurs, majoritaires à la Chambre haute.

Des cris d'approbation et des applaudissements des conservateurs, qui jugent le registre inefficace et inutile, ont accueilli le résultat du vote. La loi doit recevoir la sanction royale jeudi.

L'enthousiasme des conservateurs était perceptible mercredi aux Communes, où les troupes de Stephen Harper ont longuement applaudi la députée Candice Hoeppner, qui s'est levée pour annoncer le vote final sur C-19.

« Nous comptons tous les heures avant le moment où les Canadiens respectueux des lois n'auront plus besoin d'enregistrer leurs armes d'épaule », a-t-elle déclaré.

En revanche, l'ambiance était plutôt maussade du côté des partisans du maintien du registre des armes d'épaule.

La Coalition pour le contrôle des armes a indiqué que « le gouvernement a clairement ignoré les recommandations émises par la majorité des Canadiens, incluant les victimes de violence par armes à feu, les groupes de femmes, les experts en prévention du suicide, les policiers et les syndicats, qui se sont tous prononcés en faveur d'un contrôle des armes sensé qui inclut le registre des armes d'épaule ».

La coalition craint que l'adoption du projet de loi C-19 soit le prélude à un démantèlement du contrôle des armes au pays.

Louise Riendeau, du Regroupement des maisons d'hébergement pour femmes victimes de violence, y voit quant à elle un recul important pour le Québec et le Canada.

Pour sa part, la députée néo-démocrate Françoise Boivin, consciente de l'issue du vote, espérait au moins que le Québec obtienne gain de cause après le dépôt d'une requête en justice pour récupérer les données du registre.

Québec veut conserver toutes les informations contenues dans le registre fédéral afin de constituer son propre programme.

En dépit des nombreuses manifestations de la population et des débats houleux, la Chambre des communes avait adopté le projet de loi C-19, le 15 février dernier.

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