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Khaled Cheikh Mohammed, "cerveau" présumé des attentats du 11 Septembre

04/04/2012 11:01 EDT | Actualisé 04/06/2012 05:12 EDT

Khaled Cheikh Mohammed, poursuivi à Guantanamo pour les attentats du 11-Septembre, a voué sa vie au jihad anti-occidental, imaginant des attentats en famille avant de proposer à Oussama ben Laden le complot qui a fait près de 3.000 morts en 2001.

Né le 24 avril 1965 au Koweït, d'une famille originaire du Pakistan, il adhère vers 16 ans au mouvement des Frères musulmans puis part en 1983 faire ses études aux Etats-Unis, où il obtient trois ans plus tard un diplôme d'ingénieur mécanique.

Attiré par le jihad anti-soviétique en Afghanistan, il se rend dans le nord du Pakistan où, selon le rapport de la commission américaine du 11-Septembre, il rencontre le chef islamiste Abdoul Rasoul Sayyaf, qui devient son mentor.

Selon la même source, qui tire ses informations de rapports détaillés de la CIA, il reste en Afghanistan jusqu'en 1992, puis part combattre les Serbes en Bosnie.

Devenu fonctionnaire au Qatar, il envoie 660 dollars à New York pour participer au financement du premier attentat contre le World Trade Center, organisé en 1993 par son neveu, Ramzi Youssef, qui fait exploser une camionnette piégée dans les sous-sols de l'une des tours jumelles, causant la mort de six personnes et faisant un millier de blessés.

Il envisage ensuite, avec le même Ramzi Youssef et à partir de Manille, de faire sauter douze avions de ligne américains au-dessus du Pacifique: c'est le "complot Bojinka", éventé lorsqu'un incendie ravage l'une de leurs planques et permet à la police philippine de récupérer un ordinateur contenant les plans.

L'un des plans préconise l'utilisation d'un avion de tourisme, chargé d'explosifs, comme bombe volante destinée à s'écraser sur le siège de la CIA.

En 1996, il rencontre Oussama ben Laden en Afghanistan et lui parle, selon des témoins, du plan qui allait devenir celui du 11 septembre 2001. Pour lui, le choix des tours jumelles de Manhattan est évident: il faut réussir là où son neveu a échoué faute de bombe assez puissante.

Après le succès de l'opération, celui que les services de renseignements occidentaux appellent "KSM" suivant ses initiales anglaises, s'installe au Pakistan. C'est là, à Rawalpindi, qu'il est arrêté le 1er mars 2003.

Il disparaît alors pendant des années dans une prison secrète de la CIA, avant d'être transféré en septembre 2006 à Guantanamo. Lors d'une audience, il revendique, selon la retranscription tronquée publiée par le Pentagone, l'entière responsabilité du 11-Septembre, ainsi qu'une trentaine d'autres attentats ou projets d'attentats.

Il aurait ainsi décapité "de sa main droite bénie" le journaliste du Wall Street Journal Daniel Pearl enlevé au Pakistan en 2002.

A en croire des organisations de défense des droits de l'homme, ces multiples aveux sont le résultat des tortures qu'il a subies entre les mains de la CIA, qui a reconnu l'avoir soumis à la simulation de noyade en 2003.

Selon de nombreux experts du renseignement, il n'est pas possible qu'un seul homme ait été au centre de tous ces complots. Ces revendications seraient destinées à brouiller les cartes et à protéger des jihadistes en liberté.

bur/bar/gde

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