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Des nanoparticules programmées pour cibler le coeur d'une tumeur cancéreuse

04/04/2012 03:33 EDT | Actualisé 04/06/2012 05:12 EDT

Le premier essai clinique avec des nanoparticules programmées pour acheminer des doses plus concentrées d'anti-cancéreux au coeur même d'une tumeur est jugé prometteur et pourrait bouleverser le traitement du cancer et d'autres maladies.

"Cette technique peut potentiellement bouleverser le traitement du cancer", juge le Dr Omid Farokhzad, professeur adjoint de médecine à l'Université de Harvard et un des auteurs de l'étude, dans un entretien avec l'AFP.

"C'est la première fois que cette approche de nanomédecine est testée chez des humains", souligne-t-il.

L'étude clinique dite de phase 1, destinée surtout à évaluer la sûreté du traitement et à tester la tolérance des patients au traitement, a été menée avec un groupe de 17 malades atteints d'un cancer avancé ou généralisé. Ses résultats ont été dévoilés mercredi aux Etats-Unis.

Cette technologie consiste à programmer des particules se mesurant au millionième de millimètre qui transportent des molécules d'un anti-cancéreux qu'elles acheminent droit sur les tumeurs tel des missiles sur leur cible.

Cette nanomédecine s'est avérée sûre et a produit des effets chez "virtuellement tous les participants", notamment six d'entre eux, indiquent les auteurs de cette recherche présentée lors de la conférence annuelle de l'American Association for Cancer Research réunie à Chicago, et publiée simultanément dans la version en ligne de la revue médicale Science Translational Medicine.

L'une des patientes a ainsi pu bénéficier d'une réduction de sa tumeur du col de l'utérus tandis que cinq autres participants ont expérimenté une stabilisation de leur cancer du pancréas, de l'anus, du colon, du conduit biliaire et de la gorge.

Ce nanotraitement a produit des effets même avec des doses infimes d'anti-cancéreux, représentant seulement 20% du volume de ce qui est normalement prescrit dans les chimiothérapies traditionnelles par voie orale ou en injections.

En effet, les nanoparticules peuvent acheminer des doses de médicament anti-cancer dix fois plus concentrées. L'anti-cancéreux utilisé est le Docétaxel (commercialisé sous le nom de Taxotere).

"Si on essayait de donner la même concentration de Docétaxel par les voies conventionnelles, elle serait mortelle", souligne le Dr Farokhzad.

Il précise que ces nanomédecines "n'induisent pas la guérison du cancer mais que la vie des patients pourra être nettement prolongée".

Cette nanoparticule, baptisée BIND-014, a été mise au point par la firme BIND Biosciences basée dans le Massachusetts (nord-est des Etats-Unis).

"Le BIND-014 a montré pour la première fois qu'il est possible de produire des nano-médicaments programmables capables de concentrer des effets thérapeutiques démultipliés directement au coeur de la maladie", explique le Dr Omid Farokhzad.

Pour le Dr Philip Kantoff, responsable de la recherche clinique à l'Institut du cancer Dana-Farber, et professeur de Médicine à Harvard, "les premiers résultats cliniques du BIND-014 (...) valident le potentiel impact révolutionnaire des nanomédecines pour traiter le cancer".

Les résultats encourageants de ce premier essai clinique chez des humains est également important au regard des importants investissements faits par le gouvernement américain pour faire décoller les nanotechnologies, commente le Dr Farokhzad.

Il précise que 18 milliards de dollars y ont été consacrés depuis 2001, en incluant dans ce chiffre le budget alloué pour 2013.

En outre ces nanoparticules pourraient aussi être utilisées pour traiter par exemple les maladies cardio-vasculaires, selon ce médecin.

js/sj

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