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Radio-Canada: 650 postes abolis, de la pub à Espace Musique

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MONTRÉAL - Quelque 650 postes seront abolis d'ici trois ans à Radio-Canada et CBC à la suite des compressions imposées par le gouvernement Harper.

De ces 650 postes supprimés, 473 devront l'être dès le présent exercice, a précisé la haute direction de Radio-Canada, par voie de communiqué mercredi. CBC_Radio-Canada emploie à l'heure actuelle 8900 personnes.

Plus précisément, pour 2012, 215 postes devront être supprimés à CBC, 153 à Radio-Canada et 105 dans les services institutionnels.

D'ici trois ans, les 650 postes à supprimer seront répartis ainsi: 256 à CBC, 243 à Radio-Canada et 151 dans les services institutionnels.

La société d'État doit procéder ainsi à cause des compressions budgétaires imposées par le gouvernement fédéral. Celles-ci doivent atteindre 115 millions $ d'ici 2014-2015.

Pour l'exercice 2012-2013, la compression exigée est de 27,8 millions $. Elle doit atteindre 69,6 millions $ (cumulatif) en 2013-2014, puis les 115 millions $ exigés l'année suivante.

Autres moyens

Radio-Canada International est touché par les compressions. On y cessera la production de bulletins de nouvelles et on y fermera les sections russe et brésilienne. RCI se concentrera sur les cinq langues les plus parlées de son auditoire, à savoir le français, l'anglais, l'espagnol, l'arabe et le mandarin.

La société prévoit économiser annuellement à RCI près de 10 millions $ d'ici 2013-2014.

De plus, CBC_Radio-Canada veut inclure de la publicité et des commandites à ses deux réseaux nationaux de radio de musique, Espace musique et Radio 2. La société d'État a déposé une demande d'autorisation en ce sens auprès du Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC).

CBC_Radio-Canada espère générer 50 millions $ en revenus autogénérés «afin d'atténuer les réductions requises», indique la haute direction.

Elle prend d'ailleurs soin de souligner qu'il n'y aura toujours pas de publicité à la Première chaîne et à Radio One.

La société d'État va également accélérer la mise hors service des émetteurs de télévision analogique.

De même, CBC_Radio-Canada renoncera à la chaîne de télévision numérique axée sur les sports qu'elle avait prévu lancer ainsi qu'à son projet de chaîne de télévision spécialisée numérique pour enfants.

Au cours d'une conférence téléphonique en fin d'après-midi, le président-directeur général de CBC_Radio-Canada, Hubert T. Lacroix, a dit estimer que si l'on tient compte des autres effets, comme la non-indexation des crédits parlementaires, alors que les salaires et les autres coûts, eux, augmentent, le manque à gagner atteint plutôt 200 millions $.

M. Lacroix a précisé que les indemnités de départ à elles seules totaliseront 25 millions $.

Réactions

Réagissant aux compressions annoncées, le président du syndicat des communications de Radio-Canada, Alex Levasseur, s'est dit «déçu, démoralisé, démoli d'apprendre l'ampleur de tout ça».

«Les compressions sont sans fin à Radio-Canada», s'est-il exclamé, en entrevue, faisant l'énumération des compressions imposées pour diverses raisons au fil des ans.

M. Levasseur juge que le service français de Radio-Canada subit plus que sa part des compressions par rapport au service anglais. «Le réseau français va écoper un peu plus», toutes proportions gardées, a-t-il dit.

«Ce n'est pas du tout vrai», a rétorqué M. Lacroix.

«Les pourcentages sont les pourcentages qui ressemblent à la façon dont nos budgets sont divisés», a-t-il assuré, déplorant la «malheureuse impression» laissée par cette affirmation.

Le vice-président principal des services français, Louis Lalande, a expliqué que les nombres sont presque également répartis. «Au niveau du nombre d'employés, il y a souvent des gens qui pensent que le nombre d'employés des services anglais est beaucoup plus élevé que le nombre d'employés des services français, ce qui est faux. On a à peu près la même masse salariale, le même nombre d'employés.» Et les compressions respectent ces proportions, a-t-il assuré.

De son côté, le président du syndicat des employés de CBC hors du Québec, Marc-Philippe Laurin, a exprimé son désarroi. «CBC_Radio-Canada est rendu à l'os. Plus rien ne sera pareil. La CBC qu'on connaissait ne sera plus la même», a-t-il commenté en entrevue.

Il a notamment qualifié les compressions à Radio-Canada International de «nouvelle crève-coeur».

M. Laurin affirme aussi que les employés sont à bout de souffle, après plusieurs vagues de compressions successives. «Nos gens ont été pressés et pressés depuis des années. Ils se sont fait dire d'en faire plus et encore plus, à chaque année. Il n'y a plus d'espace pour en demander plus.»

La société d'État reçoit 1,1 milliard $ de Patrimoine Canada. Le gouvernement fédéral verse l'équivalent de 34 $ par citoyen pour le télédiffuseur et radiodiffuseur public.

La précédente ronde de compressions de 171 millions $ à Radio-Canada, en 2009, s'était traduite par la perte de 800 emplois, en plus de la vente d'actifs. Cette compression n'avait toutefois pas été commandée par le gouvernement; elle provenait de la baisse des revenus publicitaires et de la situation économique difficile.

Radio-Canada exploite 82 stations de radio et 27 chaînes de télévision, en plus d'autres services, dans les deux langues officielles du pays.

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