POLITIQUE

Bolduc vante les vertus thérapeutiques du phoque électronique auprès des aînés

04/04/2012 02:52 EDT | Actualisé 04/06/2012 05:12 EDT
AFP

QUÉBEC - Les «docteurs clowns» ne sont plus seuls à divertir les personnes âgées au Québec. Il y a aussi le bébé phoque électronique, un robot en peluche qui enchante le ministre de la Santé, Yves Bolduc.

À l'Assemblée nationale, mercredi, M. Bolduc a vanté les vertus thérapeutiques de ce blanchon automatisé pendant un débat portant sur l'insuffisance des ressources allouées aux soins pour les aînés.

À une question de la députée péquiste Carole Poirier, qui raillait la décision du gouvernement de faire appel à des clowns pour divertir les personnes âgées, le ministre Bolduc a répliqué qu'il ne fallait pas «dénigrer ce qui se fait pour agrémenter les gens».

«Elle a ri des activités qui se passent dans nos CHSLD. Si elle se donnait la peine d'aller visiter des CHSLD, on verrait qu'on a des activités. (...) Je vais vous donner un exemple: cette semaine, je suis allé dans un CHSLD, celui de Saint-Léonard - Saint-Michel, et on a vu des gens qui s'occupaient des personnes âgées, ils flattaient un phoque, qui est un phoque mécanique, et les gens appréciaient», a-t-il relaté.

Développé au Japon il y a quelques années, le petit phoque électronique est muni de capteurs et ses mouvements sont «instinctifs».

L'appareil interagit avec son environnement et permet d'améliorer la qualité de vie des aînés en «humanisant» les soins, a expliqué le ministre.

«Les personnes âgées réagissent aux émotions et elles sont capables d'avoir des émotions avec ça. J'ai vu fonctionner l'appareil avec un usager et ça humanise les soins», a-t-il expliqué à des journalistes curieux.

Mais contrairement aux clowns «thérapeutiques» de l'organisme «Docteur clown», qui profite d'une entente de quatre ans avec le gouvernement d'une valeur de 300 000 $, le bébé phoque électronique n'est pas une initiative financée par l'État.

La responsabilité d'acquérir ou non l'appareil est laissée aux fondations locales, a dit le ministre.

«Ce sont des décisions locales. On ne paiera pas pour tout parce qu'il y a des fondations et des comités d'usagers», a-t-il souligné.

Les mérites attribués au phoque animé n'ont pas convaincu l'opposition péquiste, qui a accusé le gouvernement Charest d'avoir soustrait 23 millions $ des investissements promis dans les soins aux aînés.

Document à l'appui, le Parti québécois a rappelé que le gouvernement libéral s'était engagé l'an dernier à consacrer 200 millions $ dans un plan d'investissement destiné aux personnes âgées _ notamment en maintien à domicile _ pour l'année 2012-2013.

Or, dans le budget présenté il y a quelques semaines par le ministre des Finances, Raymond Bachand, cette somme n'est plus que de 177 millions $, a fait remarquer la chef péquiste Pauline Marois.

Le ministre Bolduc a toutefois rétorqué qu'il ne s'agissait pas d'une ponction de 23 millions $, mais plutôt d'une somme qui reste à investir.

«Ça va faire 200 millions au total. C'est normal lorsqu'on développe des services — ce que vous n'avez peut-être jamais fait — que dans l'année, on ne puisse pas tout dépenser l'argent, mais il faut calculer l'annualisation. C'est pour ça qu'on est à 177 millions $», a-t-il justifié.

La députée Carole Poirier est revenue à la charge. Avant de faire l'apologie des clowns et des phoques mécaniques auprès des personnes âgées, le ministre de la Santé devrait s'assurer «que les bains soient données et que les repas soient mangeables», a-t-elle soulevé.