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Banque mondiale: un ancien économiste en chef français soutient la Nigériane

04/04/2012 03:37 EDT | Actualisé 04/06/2012 05:12 EDT

Un ancien économiste en chef de la Banque mondiale, le Français François Bourguignon, a publiquement soutenu mercredi la candidature de la Nigériane Ngozi Okonjo-Iweala à la présidence de cette institution.

M. Bourguignon, qui a occupé ce poste à la Banque de 2003 à 2007, a signé avec une quarantaine d'anciens économistes et dirigeants de la Banque une lettre ouverte aux membres du conseil d'administration pour qu'ils choisissent la ministre des Finances nigériane.

"Nous pensons que Mme Okonjo-Iweala a des qualifications exceptionnelles dans l'ensemble de tous les critères pertinents", écrivent-ils dans cette lettre dont l'AFP a obtenu une copie.

Le gouverneur de la Banque centrale de Tunisie, Mustapha Nabli, qui fut président pour le Moyen-Orient et l'Afrique du Nord de la Banque mondiale, a signé cette lettre à titre personnel. Son pays n'a pas dit qui il soutenait.

Parmi les signataires, on retrouve aussi l'ancien président de l'Agence française de développement Jean-Michel Severino, qui fut directeur de la Banque mondiale pour l'Europe centrale et vice-président pour l'Asie orientale.

Sept autres Français passés par la Banque mondiale ont signé: Uri Dadush, ancien directeur du commerce international, Olivier Lafourcade, qui fut entre autres l'assistant de deux présidents de la Banque, Philippe Liétard, ancien directeur des mines et hydrocarbures à la Société financière internationale (SFI), Serge Michailof, ancien directeur pour le Tchad, Maryvonne Plessis-Fraissard, ancienne directrice des transports et de l'urbanisme, Jean-Louis Sarbib, ancien vice-président pour l'Afrique, et Karl Voltaire, qui fut cadre à la SFI.

Le conseil d'administration de la Banque mondiale doit décider d'ici au 20 avril entre Mme Okonjo-Iweala, l'Américain Jim Yong Kim et le Colombien José Antonio Ocampo.

La Nigériane, qui a derrière elle une carrière de 25 ans à la Banque mondiale, est particulièrement populaire auprès de ses anciens collègues, ainsi qu'en Afrique.

M. Ocampo, économiste auteur de dizaines d'ouvrages et d'articles sur la croissance et le développement, bénéficie quant à lui de nombreux soutiens dans le monde universitaire.

Une pétition en sa faveur sur internet, disponible sur le site "Triple Crisis" de l'économiste Kevin Gallagher, avait recueilli mercredi plus d'une centaine de signatures d'anciens dirigeants d'institutions économiques et d'universitaires. On y retrouve deux Français, Jean-Paul Fitoussi (Sciences Po) et Pascal Petit (Paris-XIII).

Dans une tribune publiée mercredi sur le site internet du Financial Times, le Colombien a défendu sa candidature, forte de ses "36 ans dans le développement".

Il a détaillé sa vision pour une "nouvelle" Banque mondiale, qui doit selon lui combattre la pauvreté "non seulement avec de la croissance économique et de la création d'emplois, mais aussi en s'attaquant aux inégalité qui se sont accrues dans la plupart des pays ces dernières décennies, et en éradiquant toute forme d'inégalité entre les sexes".

Le favori pour le poste, qui n'a jamais échappé aux Etats-Unis, est M. Kim, déjà soutenu par le Japon, le Canada et la Corée du Sud où il est né.

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