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Au moins 13 civils tués en Syrie, dont 10 dans la province de Homs

04/04/2012 01:31 EDT | Actualisé 04/06/2012 05:12 EDT

BEYROUTH - Au moins 13 civils ont été tués mercredi en Syrie, dont sept à Homs, dans le centre du pays, où des combats ont opposé les forces fidèles au président Bachar el-Assad à des déserteurs de l'armée, selon des militants.

Les violences se sont poursuivies mercredi, alors que le régime syrien est censé appliquer d'ici le 10 avril le plan de paix de l'émissaire de l'ONU et de la Ligue arabe, Kofi Annan.

À Homs, bastion de la contestation contre le régime de Bachar el-Assad, «il n'y a aucun signe de retrait ni de calme», a déclaré Mohammed Saleh, une personnalité de l'opposition. Il a déclaré que de fortes détonations avaient fait trembler les fenêtres de son domicile et que des tirs de mitrailleuse retentissaient dans le quartier historique de la ville. Il a précisé ignorer la cause des explosions.

Des vidéos mises en ligne par des militants montrent des flammes et de la fumée au-dessus de ce qui semble être un bâtiment d'habitation dans le quartier de Qusour. Sur un autre enregistrement, on peut voir un violent incendie et une explosion à Qarabees, un autre quartier de Homs.

Selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), sept civils ont été tués dans les combats à Qusour, dont un homme et son fils. L'OSDH précise que trois autres civils ont été tués dans des bombardements à Talbiseh, une ville de la province de Homs.

Par ailleurs, un ancien prisonnier politique identifié comme Ahmad al-Othman et son frère Adnan, un avocat, ont été tués dans la nuit de mardi à mercredi par des soldats qui ont tiré à la mitrailleuse sur leur voiture dans la province d'Idlib, dans le nord, selon des militants dans la région et l'OSDH. Leur décès et celui d'un vieillard à Idlib porte à 13 le nombre de civils tués mercredi, selon l'OSDH.

À Douma, dans la banlieue de Damas, l'armée a mené des raids et procédé à des arrestations mercredi, selon un militant ayant requis l'anonymat. Il a précisé que des accrochages s'étaient produits dans la nuit de mardi à mercredi à Kisweh et à Moaddamiyeh, deux localités proches de la capitale.

La Russie, alliée fidèle de Damas, s'est une nouvelle fois prononcée mercredi contre l'idée d'armer l'opposition syrienne. «Même s'ils arment l'opposition syrienne jusqu'aux dents, elle ne sera pas en mesure de vaincre l'armée syrienne et le carnage se poursuivra encore des années», a affirmé le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, lors d'un déplacement en Azerbaïdjan.

Des opposants syriens ont affirmé mardi que le régime syrien essayait d'écraser l'insurrection avant l'entrée en vigueur, la semaine prochaine, du plan de paix de Kofi Annan. Damas a accepté le 10 avril comme date butoir pour appliquer le plan, qui prévoit le retrait des troupes et des équipements militaires lourds des zones peuplées, ainsi qu'un cessez-le-feu général pour que toutes les parties puissent négocier une solution politique à la crise. Le plan prévoit aussi une suspension immédiate des combats pendant deux heures chaque jour pour permettre le passage de l'aide humanitaire.

L'opposition syrienne reproche au plan de Kofi Annan de ne pas aller assez loin, d'arriver trop tard et de ne pas réclamer le départ de Bachar el-Assad, la principale revendication du soulèvement. Les opposants soupçonnent aussi le président syrien d'utiliser ce plan pour gagner du temps pour pouvoir poursuivre la répression.

Selon l'ONU, plus de 9000 personnes ont été tuées en Syrie depuis le début du soulèvement contre le régime de Bachar el-Assad, en mars 2011.

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