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Washington propose une récompense de 10 M$ pour un suspect pakistanais

03/04/2012 08:01 EDT | Actualisé 03/06/2012 05:12 EDT

ISLAMABAD - Les États-Unis offrent une récompense de 10 millions $US pour l'arrestation d'un extrémiste pakistanais considéré comme le cerveau des attentats de 2008 à Bombay, en Inde, et qui a dirigé un mouvement politique antiaméricain au cours des derniers mois.

La récompense est promise pour toute «information menant à l'arrestation et à la condamnation» de Hafiz Mohammad Saeed, qui a fondé dans les années 1980 le groupe extrémiste Lashkar-e-Taiba, probablement avec le soutien des autorités pakistanaises, pour faire pression sur l'Inde au sujet du Cachemire, un territoire disputé entre les deux pays.

Les États-Unis ont aussi offert une récompense de 2 millions $US pour l'arrestation du chef adjoint du groupe, Hafiz Abdul Rahman Makki, qui est le beau-frère de Saeed.

Le gouvernement pakistanais a interdit le groupe Lashkar-e-Taiba en 2002 sous la pression de Washington, mais il continue d'exister dans une relative liberté sous le nom de sa filiale d'aide aux démunis, Jamaat-ud-Dawwa. Le groupe est impliqué dans des oeuvres de charité financées avec des fonds du gouvernement pakistanais.

Les États-Unis considèrent les deux groupes comme des organisations terroristes.

Les experts du renseignement affirment que Lashkar-e-Taiba a étendu ses activités au-delà de l'Inde et que le groupe a planifié des attaques en Europe et en Australie. Certains experts estiment que le groupe pourrait être «le prochain Al-Qaïda» et craignent qu'il ne vise les États-Unis.

Hafiz Mohammad Saeed, âgé de 61 ans, mène ouvertement ses activités à Lahore et se déplace librement à travers le Pakistan, prononçant des discours et participant à des émissions télévisées. Il est l'une des personnalités de premier plan de Difa-e-Pakistan («Conseil de la défense du Pakistan»), qui a organisé plusieurs grandes manifestations contre les États-Unis et l'Inde au cours des derniers mois.

La porte-parole du département d'État américain, Victoria Nuland, a expliqué que la décision de proposer une récompense pour l'arrestation de Hafiz Mohammad Saeed avait été motivée par son rôle allégué dans les attentats de Bombay en novembre 2008, et par ses récentes apparitions hautement médiatisées.

Le Pakistan a placé Saeed en résidence surveillée pendant plusieurs mois après les attentats de Bombay, mais il a été libéré après avoir contesté en justice son assignation à résidence. Le gouvernement pakistanais affirme manquer de preuves pour l'arrêter.

Le suspect a nié toute implication dans les attentats de Bombay lors d'une entrevue à la chaîne de télévision Al-Jazira. Selon lui, les États-Unis sont simplement en colère contre ses opinions antiaméricaines.

La récompense offerte pour son arrestation est l'une des plus importantes jamais proposées par le gouvernement américain et équivaut à celle proposée pour la capture du chef des talibans, le mollah Omar. Seul un autre suspect, Ayman al-Zawahri, qui a succédé à Oussama ben Laden à la tête d'Al-Qaïda, est visé par une récompense plus importante de 25 millions $US.

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