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Syrie: le régime accusé de vouloir gagner du temps pour écraser l'insurrection

03/04/2012 12:36 EDT | Actualisé 03/06/2012 05:12 EDT

BEYROUTH - Des opposants syriens ont affirmé mardi que le régime de Damas essayait d'écraser l'insurrection avant l'entrée en vigueur, la semaine prochaine, du plan de paix de l'émissaire des Nations unies et de la Ligue arabe, Kofi Annan. Selon eux, les troupes syriennes continuent de procéder à des raids, à des arrestations et à des bombardements dans plusieurs villes du pays.

Damas a accepté la date limite du 10 avril pour mettre en oeuvre le plan de paix, qui prévoit notamment le retrait des troupes et des équipements militaires lourds des zones peuplées, et un cessez-le-feu général pour que toutes les parties puissent négocier une solution politique à la crise.

Le plan prévoit aussi une suspension immédiate des combats pendant deux heures chaque jour pour permettre le passage de l'aide humanitaire.

Des opposants au régime reprochent à ce plan de paix de ne pas aller assez loin, d'arriver trop tard et de ne pas exiger que Bachar el-Assad quitte le pouvoir. Ils accusent aussi le président syrien d'utiliser ce plan pour gagner du temps pour pouvoir poursuivre la répression.

«Il pense qu'il peut gagner du temps pour prendre le contrôle de toutes les villes syriennes», a déclaré un militant, Adel al-Omari, interrogé par téléphone dans la ville de Dael, dans le sud du pays, où les forces du régime ont incendié les maisons d'opposants après y avoir effectué un raid lundi. «Cela n'arrivera pas, parce que dès qu'il retire ses chars des villes, les gens sortent et vont de l'avant pour renverser le régime.»

Les dirigeants occidentaux ont accepté avec prudence l'échéance du 10 avril, tout en remarquant que Bachar el-Assad n'avait pas respecté de précédentes promesses similaires, et en insistant sur le fait que le régime devait être jugé sur ses actes.

Le gouvernement syrien a informé Moscou qu'il avait commencé à mettre en oeuvre le plan de paix, a annoncé le ministère russe des Affaires étrangères dans un communiqué. Le communiqué ne précise pas si des troupes ont déjà été retirées et ne donne pas d'autres détails. Il appelle les forces rebelles à respecter ce plan.

Le gouvernement syrien n'a pas commenté publiquement l'ultimatum du 10 avril. Il a accepté d'autres plans de paix ces derniers mois, sans toutefois en tenir compte sur le terrain. On ignore également si les rebelles qui combattent les forces gouvernementales sous la bannière de l'Armée syrienne libre respecteront un cessez-le-feu.

Sur le terrain, des militants ont affirmé que les forces syriennes avaient bombardé mardi des quartiers rebelles à Homs, à Qusair et à Rastan, et procédé à des raids et à des arrestations dans d'autres villes. Selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme, au moins deux civils ont été tués dans des affrontements entre rebelles et forces gouvernementales dans la ville de Taftanaz.

Par ailleurs, le président du Comité international de la Croix-Rouge (CICR), Jakob Kellenberger, a rencontré mardi des responsables des ministères syriens de l'Intérieur, des Affaires étrangères et de la Santé. Avant son départ pour Damas, il avait annoncé qu'il demanderait notamment un arrêt des combats pendant deux heures chaque jour pour permettre l'acheminement de l'aide humanitaire.

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