Québec met en demeure Air Canada, en lien avec la fermeture de l'usine Aveos

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Québec met en demeure Air Canada, en lien avec la fermeture de l'usine Aveos. (Photo AP) | CP

QUÉBEC - Le gouvernement du Québec met en demeure Air Canada de démontrer ses efforts pour le maintien du centre d'entretien d'Aveos à Montréal, dont les activités étaient principalement liées au transporteur.

Le ministre de la Justice, Jean-Marc Fournier, estime qu'Air Canada avait donné l'assurance qu'aucun centre d'entretien serait démantelé. La société s'était aussi engagée, dans l'éventualité où elle voudrait déménager l'une de ses installations, à obtenir au préalable l'aval de la Chambre des communes.

La direction d'Air Canada est donc sommée de préciser comment elle entend poursuivre les activités pour lesquelles elle s'était engagée formellement.

À défaut de signifier de quelle manière le transporteur entend maintenir les activités d'Aveos, le gouvernement du Québec se prévaudra de recours juridiques, qui n'ont pas été précisés. Le ministre Fournier a indiqué mardi vouloir se garder toutes les options et éviter de dévoiler sa stratégie.

La décision du gouvernement du Québec de recourir à la voie juridique dans ce dossier a été accueillie avec enthousiasme par le syndicat des employés d'Aveos. Gilles Brosseau, coordonnateur pour le Québec de l'Association internationale des machinistes et des travailleurs et travailleuses de l'aérospatiale (AIMTA-FTQ), considère qu'il s'agit d'une nouvelle qui va dans le sens des revendications syndicales.

Mardi, des représentants syndicaux de Montréal, Toronto, Vancouver et Winnipeg se sont présentés en comité parlementaire à Ottawa pour tenter de plaider leur cause et répéter que l'esprit de la loi et les engagements du transporteur Air Canada sont clairs et ne laissent pas place à d'autres interprétations : les centres d'entretien doivent être maintenus, a laissé entendre Jean Poirier, un autre porte-parole syndical.

Il espère maintenant que le gouvernement du Manitoba, une autre province touchée par la fermeture d'Aveos, entamera des procédures semblables.

«Les gouvernements provinciaux bougent, le Fonds de solidarité est prêt, ce qu'on a dit à Ottawa c'est 'Forcez Air Canada'. On nous a répondu que c'était du ressort privé», a déploré Jean Poirier.

«Le syndicat et tout le monde se battent pour faire respecter l'esprit de la loi pour que Air Canada fasse son entretien dans les trois villes citées dans la loi sur la participation publique de l'entreprise», a indiqué pour sa part M. Brosseau.

De son côté, le ministre du Développement économique, Sam Hamad, a répété que des discussions sont en cours avec différents partenaires afin de faire une offre pour éviter de démanteler les actifs d'Aveos.

Le Fonds de solidarité FTQ fait partie des acteurs sollicités dans cette recherche de solutions pour tenter de relancer l'usine d'entretien d'avions d'Aveos, qui employait quelque 1800 travailleurs à Montréal.

Parallèlement, un comité de reclassement des travailleurs a été mis sur pied. Une autre tuile s'est toutefois abattue sur les travailleurs, qui n'ont touché aucun salaire depuis la fermeture d'Aveos.

«Nos gens, en plus de ne pas avoir de salaire, ne peuvent pas avoir leur chômage parce qu'Aveos n'a donné aucune cessation d'emploi», a dénoncé Jean Poirier.

Aveos a annoncé la liquidation de ses actifs en vertu de la Loi sur les arrangements avec les créanciers des compagnies le 20 mars dernier. L'entreprise met ainsi fin à toutes ses activités et sabre 2600 emplois au Canada.

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