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Colombie: les FARC relâchent dix policiers et soldats otages depuis 12 ans

03/04/2012 06:59 EDT | Actualisé 03/06/2012 05:12 EDT

VILLAVICENCIO, Colombie - Les Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC) ont relâché lundi soir les dix derniers policiers et militaires qu'elles détenaient depuis au moins 12 ans. Le président Juan Manuel Santos a jugé le geste positif, mais insuffisant pour ouvrir des négociations de paix.

Les six policiers et les quatre soldats avaient été capturés par les FARC, la plus importante et plus ancienne rébellion armée d'Amérique latine, alors qu'elle se trouvait au summum de sa puissance militaire, avant d'être affaiblie ces dernières années par l'armée colombienne soutenue par les États-Unis. La libération des otages témoigne du désir de la guérilla de trouver une solution pacifique au conflit.

Les captifs ont été récupérés à un lieu de rendez-vous tenu secret dans la jungle et ramenés par un hélicoptère de l'armée brésilienne portant l'emblème de la Croix-Rouge.

Ils sont arrivés en faisant de grands signes. Certains ont sauté de joie sur la piste de l'aéroport avant de retrouver leurs proches, tandis que d'autres ont dû être aidés par des infirmières pour marcher. Certains étaient accompagnés par des animaux: un pécari (petit porc sauvage), un singe et deux oiseaux. Quelques-uns s'étaient couvert les épaules avec le drapeau colombien.

Le groupe d'ex-otages a été transporté par les airs jusqu'à Bogota, où d'autres proches les attendaient et où ils devaient subir un examen médical.

Les FARC, rébellion d'inspiration marxiste qui a pris les armes en 1964, avaient promis le 26 février de libérer leurs derniers otages et de renoncer aux enlèvements contre rançon pour financer leurs opérations.

Mais pour le président colombien, «la libération des militaires et policiers est un pas dans la bonne direction, mais ce n'est pas suffisant». Il a ajouté qu'y voir la promesse de l'ouverture de négociations de paix relevait d'une «pure spéculation» et que les FARC devaient prouver que les prises d'otages sont bel et bien terminées. De nombreux analystes estiment qu'il faudra attendre l'élection présidentielle de 2014 pour d'éventuels pourparlers de paix avec la guérilla.

«Quand le gouvernement estimera qu'il existe des conditions et des garanties suffisantes pour entamer un processus destiné à mette fin au conflit, le pays le saura», a lancé Juan Manuel Santos.

Bogota veut d'abord savoir ce qu'il est advenu de deux autres membres des forces de sécurité enlevés par les FARC en 1998 et 1999, et exige que la rébellion dresse la liste des victimes de ses enlèvements contre rançon avec des précisions sur leur libération.

Le chef de la police colombienne spécialisée dans les enlèvements recense au moins six de ces otages, dont quatre employés chinois du pétrole enlevés en juin 2011. D'autres responsables parlent plutôt de plus d'une vingtaine de personnes toujours retenues en otages par la guérilla.

L'organisation citoyenne Fundacion Pais Libre tient une liste d'au moins 400 personnes enlevées ou détenues contre leur gré par les FARC depuis 1996 et qui n'ont pas été libérées. Elle ne raie un nom de la liste que lorsque la personne est relâchée ou que son corps a été retrouvé.

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