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Syrie: Kofi Annan donne au régime jusqu'au 10 avril pour appliquer son plan

02/04/2012 12:17 EDT | Actualisé 02/06/2012 05:12 EDT

BEYROUTH - Le régime syrien a déployé des soldats appuyés par des chars dans des régions rebelles lundi, traquant des militants et détruisant des maisons, ont déclaré des groupes d'opposition.

Aux Nations unies, l'émissaire de l'ONU et de la Ligue arabe en Syrie, Kofi Annan, a fixé au 10 avril la date limite pour l'application complète de son plan de sortie de crise en Syrie. Lors d'une réunion à huis clos du Conseil de sécurité, il a également déclaré que le régime de Damas avait accepté de retirer ses troupes des villes d'ici cette date, revenant sur son précédent refus d'appliquer cette mesure, ont indiqué des diplomates.

Mais malgré cette mince avancée sur le plan diplomatique, les troupes gouvernementales ont poursuivi leur répression contre les opposants, lundi.

De violents combats ont eu lieu dans la région de Homs, dans le centre du pays, après que des rebelles eurent pris le contrôle de l'hôpital national dans le district de Jouret al-Shayah, selon des militants. Des groupes de défense des droits de la personne et l'opposition ont déjà accusé les forces gouvernementales d'avoir torturé des militants blessés dans cet hôpital au cours des derniers mois.

Selon les Comités locaux de coordination et l'Observatoire syrien des droits de l'homme, deux organisations de l'opposition syrienne, les rebelles ont découvert 70 corps non identifiés dans les réfrigérateurs de l'hôpital. Il s'agirait de personnes tuées lors de précédents combats.

Dans le sud du pays, des dizaines de chars ont encerclé la localité de Dael tôt lundi matin avant que les soldats n'entrent dans la ville, tirant dans les réservoirs d'eau sur les toits, incendiant des maisons et en détruisant d'autres, selon un militant présent sur les lieux, Adel al-Omari.

«Ils se sont concentrés sur les militants. Ils avaient leurs noms et ils les ont traqués», a dit M. Al-Omari, joint par téléphone à Dael. «Ils sont arrivés et ils ont répandu de l'essence pour brûler leur maison.»

Des militants ont également signalé que des troupes gouvernementales avaient mis le feu à des résidences dans le village de Haas, dans le nord-ouest du pays, où sept occupants d'une maison auraient péri.

D'après les deux organisations, au moins 24 personnes ont été tuées à travers le pays lundi.

La poursuite des violences montre à quel point la diplomatie internationale est inefficace pour mettre fin à la crise en Syrie, qui a commencé il y a plus d'un an dans le sillage des soulèvements populaires en Tunisie, en Égypte et en Libye. La répression a fait plus de 9000 morts en un an, selon les plus récentes estimations de l'ONU.

Dimanche, plus de 70 pays réunis à Istanbul ont promis de fournir des millions de dollars et des équipements de communication aux dissidents syriens, une décision qui suggère que la communauté internationale croit de moins en moins au pouvoir de la diplomatie et des sanctions pour faire cesser la répression et pousser le président Bachar el-Assad à quitter le pouvoir.

Kofi Annan, ancien secrétaire général de l'ONU, a quant à lui proposé un plan en six points qui prévoit notamment une suspension immédiate des combats deux heures par jour pour permettre l'acheminement de l'aide humanitaire. Il demande également le retrait immédiat des troupes et des équipements militaires lourds des zones peuplées, et un cessez-le-feu général pour que toutes les parties puissent négocier une solution politique à la crise.

Le président du Comité international de la Croix-Rouge, Jakob Kellenberger, est arrivé en Syrie lundi pour une visite de deux jours destinée à faciliter l'accès des travailleurs humanitaires.

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