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L'opposante ukrainienne Ioulia Timochenko pourra se faire soigner hors de prison

02/04/2012 07:17 EDT | Actualisé 02/06/2012 05:12 EDT

KIEV, Ukraine - Les autorités ukrainiennes ont annoncé lundi qu'elles autoriseraient l'ancienne première ministre Ioulia Timochenko à sortir de prison pour recevoir des traitements pour son dos dans un hôpital local.

L'ex-égérie de l'opposition ukrainienne, âgée de 51 ans, a été condamnée en octobre 2011 à sept ans de prison pour abus de pouvoir dans la négociation d'un contrat d'importation de gaz naturel russe en 2009. L'affaire cause des tensions entre Kiev et les pays occidentaux, qui ont dénoncé un procès politique.

Mme Timochenko a accusé le président Viktor Ianoukovitch, qui l'avait battue de peu en 2010, d'avoir voulu l'empêcher de se présenter aux élections législatives de l'automne prochain.

Le porte-parole du ministère de la Justice, Iouri Boïtchenko, a déclaré que Mme Timochenko serait prise en charge dans une clinique spécialisée de la ville de Kharkiv, dans l'est du pays, où elle purge sa peine.

Sa famille affirme qu'elle souffre d'une hernie discale. Les médecins allemands qui l'ont examinée le mois dernier ont conclu qu'elle endurait une souffrance intense et devait être traitée en urgence dans un établissement spécialisé.

Le gouvernement allemand avait proposé de soigner l'ex-première ministre sur son sol et disait en discuter avec les autorités ukrainiennes. La Cour européenne des droits de l'homme a demandé à Kiev le mois dernier de garantir à l'intéressée l'administration de soins spécialisés hors de prison.

L'avocat de Ioulia Timochenko, Cerhi Vlassenko, s'est montré sceptique lundi, insistant pour que les médecins allemands ayant posé le diagnostic choisissent l'établissement approprié, éventuellement en Ukraine, qu'ils approuvent le traitement et que sa cliente soit soignée par des médecins ukrainiens indépendants.

«Comment faire confiance à un système qui a soutenu qu'elle était en bonne santé pendant six mois? Quel genre de clinique vont-ils choisir? Cela n'a pas de sens», a-t-il estimé.

Steffen Seibert, porte-parole de la chancelière allemande Angela Merkel, a déclaré que Berlin poursuivait les discussions avec le gouvernement ukrainien «afin que Mme Timochenko puisse être soignée en Allemagne», précisant que Kiev avait «accepté de mettre en place le cadre légal nécessaire».

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