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Les perspectives économiques à long terme inquiètent le gouverneur Mark Carney

02/04/2012 01:50 EDT | Actualisé 02/06/2012 05:12 EDT

OTTAWA - Les perspectives immédiates s'améliorent pour l'économie canadienne, mais le pays pourrait atteindre les limites de son potentiel de croissance à plus long terme, à moins de changements radicaux, a indiqué lundi le gouverneur de la Banque du Canada, Mark Carney.

Dans le texte d'un discours préparé pour la Chambre de commerce du Grand Kitchener-Waterloo, le gouverneur de la banque centrale a indiqué lundi voir dans les récents développements sur la scène mondiale des raisons d'être optimistes.

L'Europe n'est plus en crise, a-t-il noté, même si elle n'est pas sortie du bois. Les problèmes posés par la dette de cette région «sont passés de graves à chroniques».

En outre, les États-Unis ont recommencé à croître lentement. Les données fondamentales sur les dépenses des ménages s'y sont améliorées et l'emploi a finalement rebondi.

«Les forts vents contraires extérieurs ont diminué quelque peu ces derniers mois», a déclaré M. Carney dans les notes du texte qu'il devait prononcer.

Mais le portrait n'est pas aussi étincelant pour ce qui est de l'avenir à plus long terme, ce qui inquiète M. Carney.

Revenant sur un sujet qu'il a déjà commenté par le passé, M. Carney a averti que l'économie canadienne ne pourrait pas seulement continuer à emprunter le même chemin et s'attendre à prospérer.

Le Canada s'est habitué à compter sur les dépenses des consommateurs et les exportations vers les États-Unis pour garder sa tête hors de l'eau, mais ces deux options s'essoufflent, a-t-il expliqué.

«Si efficace qu’ait été le recours à la demande intérieure, en général, et aux dépenses des ménages, en particulier, les limites de ce modèle de croissance apparaissent de plus en plus clairement», a-t-il indiqué, évoquant les niveaux records des dettes des ménages, la lente croissance des revenus et l'emploi dans le secteur de la construction, qui représente son plus haut niveau de l'emploi total en plus de 35 ans.

Entre-temps, les exportations — l'autre grand vecteur de croissance au Canada — ont cédé du terrain, principalement parce que le Canada s'est lancé sur les mauvais marchés, soit l'Europe et les États-Unis.

En conséquence, les exportations restent huit pour cent en deçà de leurs niveaux pré-récession, même si, dans l'ensemble, l'économie s'est complètement remise.

«Nos exportations sont destinées surtout aux économies avancées où la croissance est lente, particulièrement les États-Unis, plutôt qu’aux marchés émergents qui connaissent une expansion rapide», a-t-il observé.

«Bref, nos mauvais résultats avant la crise tenaient davantage à notre choix de partenaires commerciaux qu’à l’efficacité avec laquelle nous menions nos échanges», une situation qui a été amplifiée par la récession.

Le Canada se considère peut-être comme un pays d'exportation, mais il ne joue pas bien ce rôle, d'après l'analyse de M. Carney.

Depuis 2000, le Canada a affiché la deuxième pire performance d'exportation des pays du G20. Pour ce qui est du marché mondial de l'exportation, le Canada a vu ses parts passer de 4,5 pour cent à environ 2,5 pour cent, tandis que ses exportations de biens fabriqués ont été réduites de moitié, a-t-il dit, ce qui explique grandement pourquoi marché du travail du secteur des usines de fabrication a perdu près de 500 000 emplois.

Ce message alarmant explique probablement pourquoi le gouvernement Harper a fait du commerce — particulièrement en Chine, en Inde, au Brésil et dans d'autres pays en émergence — une priorité dans son programme économique.

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