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L'Association médicale propose des restrictions pour les conducteurs âgés

02/04/2012 01:37 EDT | Actualisé 02/06/2012 05:12 EDT

TORONTO - Le journal de l'Association médicale canadienne (AMC) plaide en faveur de restrictions pour les conducteurs plus âgés.

Les auteurs d'un éditorial publié lundi dans le journal de l'AMC font valoir que certains aînés continuent à prendre le volant en dépit de «détériorations substantielles sur les plans physique et mental».

Le texte s'appuie sur des données de 2009 démontrant que les personnes âgées forment le groupe d'âge le plus à risque de perdre la vie dans un accident de la route, et que l'implantation d'un système comme celui auquel doivent se soumettre les jeunes conducteurs pourrait aider à rendre les routes plus sécuritaires pour les aînés et le reste de la population canadienne.

Selon l'un des auteurs de l'article, le professeur de médecine de l'Université de Toronto Donald Redelmeier, la plus grande source de préoccupation des éditorialistes est le fait que les traumatismes résultant d'un accident de la route constituent une cause importante de décès et d'invalidité chez les personnes âgées au Canada.

«Cela représente environ un décès par jour à l'échelle nationale pour les personnes âgées de 65 ans et plus», expose-t-il.

En vertu de la réglementation qui est en vigueur dans la majorité des provinces canadiennes, les personnes âgées qui pourraient représenter un risque sur la route en raison de leur état de santé doivent être signalées aux autorités par leur médecin.

Dans certaines provinces, les aînés doivent se soumettre à des examens de conduite une fois qu'ils ont atteint un certain âge.

En Ontario, par exemple, les conducteurs âgés de 80 ans et plus doivent renouveler leur permis de conduire à tous les deux ans. Ils subissent alors des épreuves d'aptitudes visuelles et doivent répondre à des questions sur la sécurité routière avant de participer à un cours de groupe afin d'actualiser leurs compétences.

Mais le problème avec les règles actuelles, c'est que de nombreux médecins ne s'y soumettent pas, affirme M. Redelmeier.

Le permis des personnes âgées pourrait comprendre des restrictions relativement à la conduite de nuit, l'emprunt de routes à grande vitesse et le taux d'alcoolémie.

Ce n'est pas la première fois que le journal de l'AMC se penche sur la question des aînés au volant. Dans un éditorial publié en avril 2010, il était question d'instaurer un programme de retrait du permis de conduire pour certaines personnes âgées en fonction de leurs aptitudes.

«Le but principal de notre article est de recadrer l'interaction clinique et de mettre en lumière de façon positive l'intervention des médecins qui soutiennent le maintien du permis de conduire pour leurs patients âgés plutôt que celle visant à imposer un permis restrictif», indique Donald Redelmeier.

«La majorité des aînés qui prennent le volant sont parfaitement aptes et capables et ils devraient avoir la permission de continuer à conduire (...) L'enjeu, ici, c'est qu'il y a un nombre infime d'individus qui contribuent à faire augmenter de façon significative le nombre de collisions très graves sur la route», précise le docteur Redelmeier, âgé de 51 ans.

La suggestion mise de l'avant dans le journal de l'AMC a été mal accueillie par un lecteur de la publication, à qui l'on avait offert un droit de réponse dans le numéro de lundi.

«Je ne comprends pas pourquoi une auguste institution met de l'avant une notion aussi superficielle», a écrit Ezra Hauer, qui a mené des recherches sur la sécurité routière pendant des années.

Pour cet homme de 79 ans, le système d'«apprenti-conducteur» qui est proposé dans l'éditorial relève de l'«âgisme».

«Nous sommes plus fragiles. Nous mourons plus facilement si nous sommes happés, comme piétons, et nous mourons plus facilement si nous sommes impliqués dans un accident de la route», fait-il valoir. «La fragilité de nos os n'a rien à voir avec notre capacité à conduire de façon sécuritaire.»

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