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La soeur de l'agriculteur Henk Tepper croit que le fédéral a tardé à agir

02/04/2012 10:53 EDT | Actualisé 02/06/2012 05:12 EDT

GRAND FALLS, N.-B. - La soeur de l'agriculteur du Nouveau-Brunswick rapatrié au Canada après avoir été gardé prisonnier pendant plus d'un an au Liban demeure convaincue qu'Ottawa n'a pas fait tout le nécessaire dans ce dossier.

Harmein Dionne a affirmé lundi n'avoir jamais senti que le gouvernement fédéral déployait des efforts pour s'assurer de ramener son frère, Henk Tepper, plus tôt en sol canadien.

«Je n'ai jamais eu l'impression que le gouvernement canadien faisait quoi que ce soit», a-t-elle déclaré lundi lors d'une conférence de presse. «J'ai toujours lu dans le journal qu'il se passait des choses derrière des portes closes et c'est tout. Je demande donc au gouvernement de partager ses informations avec la famille, avec les avocats, d'expliquer ce qu'il faisait derrière ces portes closes.»

M. Tepper est revenu au Canada samedi. Il était détenu à Beyrouth depuis le 23 mars 2011 pour une histoire de pommes de terre avariées.

L'homme de Drummond, au Nouveau-Brunswick, était sous le coup d'un mandat d'arrêt international pour avoir exporté des pommes de terre avariées en Algérie en 2007, et pour avoir contrefait des documents d'exportation.

Un porte-parole de la ministre d'État des Affaires étrangères, Diane Ablonczy, a indiqué pour sa part que «la diplomatie tranquille» avait mené à la libération de M. Tepper.

L'avocat du fermier, Jim Mockler, a toutefois rejeté cette affirmation.

«Le gouvernement du Canada affirme qu'il s'était engagé dans des échanges diplomatiques 'tranquilles'. Cela a été si tranquille que nous n'en avons pas entendu parler», a-t-il dit. «Le fait que la ministre Ablonczy tente désormais d'effacer le passé et de réécrire l'histoire est encore pire. Ce qu'elle tente de faire est absolument ignoble.»

Un porte-parole de la ministre d'État a mentionné lundi par courriel que des agents consulaires avaient été en contact régulier avec la famille pour offrir des mises à jour sur l'affaire pendant le temps où M.Tepper était emprisonné.

«Par définition, la diplomatie est effectuée discrètement et de façon privée entre les gouvernements», a expliqué John Babcock, un conseiller en communications au sein du bureau ministériel.

Selon Joe Karam, l'avocat de M. Tepper au Liban, le gouvernement canadien a appliqué à répétition des normes différentes. Me Karam affirme qu'Ottawa a refusé de lui remettre des copies des lettres envoyées au gouvernement libanais, bien que ces lettres aient été publiées dans les médias. Il ajoute que le gouvernement fédéral aurait dû traiter l'affaire en sol canadien puisque, selon lui, si M. Tepper avait été interrogé au pays et informé du mandat d'arrêt, il n'aurait pas voyagé à l'étranger.

Quant à Me Mockler, il croit qu'il n'y a pas de risque que la Gendarmerie royale du Canada (GRC) arrête son client en vertu du mandat d'arrêt. L'avocat ajoute que son client désirait désormais rester chez lui et ne plus voyager.

Me Mockler a de plus mentionné que des démarches étaient en cours pour faire annuler le mandat d'arrêt contre M. Tepper, mais que la marche à suivre n'était pas encore déterminée. Il est possible de passer par Interpol ou le gouvernement algérien, a-t-il dit.

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