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2000 étudiants manifestent dans la circonscription de Jean Charest

02/04/2012 10:57 EDT
SRC

RADIO-CANADA.CA - Environ 2000 étudiants en grève membres de la Coalition large de l'Association pour une solidarité syndicale étudiante (CLASSE) ont manifesté lundi à Sherbrooke, la circonscription du premier ministre Jean Charest.

Les étudiants, arrivés par autobus de partout au Québec, se sont rassemblés en début d'après-midi au parc Jacques-Cartier. Vers 14 h 30, ils ont entamé leur marche dans les rues de la ville et se sont rendus devant les bureaux de M. Charest.

Ensuite, ils ont emprunté le boulevard Lionel-Groulx et le boulevard Portland. Vers 16 h 15, ils ont bloqué l'entrée du Parc industriel. La marche s'est déroulée sans incident.

À Montréal, des professeurs qui soutiennent le mouvement étudiant ont manifesté en fin d'après-midi sur le pont Jacques-Cartier, provoquant la fermeture d'une voie en direction de la Rive-Sud.

À Longueuil, une grève de la faim à relais pendant 48 heures est en cours au Cégep Édouard-Montpetit.

Plus tôt, quelques dizaines d'étudiants en grève de l'Université McGill avaient marché dans le calme autour du campus de l'université.

Toujours à Montréal, une quinzaine d'étudiants ont réussi à entrer dans l'édifice qui abrite les locaux du ministère de l'Éducation, au 600, rue Fullum. Les étudiants ont accepté de quitter les lieux dès l'arrivée des policiers.

Selon la CLASSE, plus de 190 000 étudiants de 172 associations étudiantes collégiales et universitaires sont en grève générale illimitée. Certains débraient depuis plus de deux mois.

Deux cégeps, celui de Valleyfield et de Montmorency, à Laval, ont déjà annulé leur session d'été pour permettre aux étudiants de rattraper les cours perdus et selon la Fédération des cégeps, 8 autres collèges s'apprêtent à annuler la session.

Dans les universités, il est à peu près certain que la session sera prolongée pour les étudiants en grève.

De la rue aux tribunaux

À Québec, pendant ce temps, la Cour supérieure du Québec a entendu la cause d'un étudiant qui veut forcer l'Université Laval à donner des cours. Laurent Proulx soutient qu'il est brimé dans son droit d'assister à ses cours depuis le début du conflit.

Laurent Proulx estime que la grève contre la hausse des droits de scolarité est illégale.

Le juge Bernard Godbout rendra sa décision mardi à 10 h.

« Je cite la Cour suprême. Le droit de piqueter, comme n'importe quel autre droit, ne doit pas être exercé de manière à ce qu'il interfère avec d'autres droits défendus par la Charte. Donc, moi, je n'ai pas de problème à ce que les étudiants continuent de piqueter, sauf qu'ils ne peuvent pas se servir de ça pour fermer l'accès aux cours », a affirmé Laurent Proulx.

De leur côté, les avocats des associations étudiantes et de l'Université Laval ont plaidé au contraire que les piquets de grève ne sont pas hermétiques, que le droit de grève est fondamental et que les préjudices subis par M. Proulx sont purement hypothétiques.

« On est assez confiants de gagner parce qu'habituellement la justice ne veut pas trop se mêler de ce genre de conflit politique. C'est un peu une première pour nous en tant qu'association étudiante. Dans les derniers mouvements de grève, on n'avait pas fait face à de telles requêtes en injonction. Je pense que c'est la démonstration que le conflit tire en longueur et qu'il est temps que le gouvernement entame des négociations pour apaiser un peu les tensions », soutient le président de la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ), Léo Bureau-Blouin.

Retour en classe retardé au Collège d'Alma

Au Collège d'Alma, les cours ont été suspendus pour la journée après que des dizaines d'étudiants sont entrés dans l'établissement et ont déplacé du mobilier de manière à empêcher un retour à la normale.

Vendredi, le juge Jean Lemelin de la Cour supérieure du Québec a accepté la requête d'une étudiante du Collège d'Alma, qui alléguait que le vote pour la grève n'était pas légal parce que les règlements de l'assemblée générale n'avaient pas été respectés.

Le tribunal a ordonné la levée des piquets de grève devant le Collège de manière provisoire, de sorte que les étudiants qui souhaitent retourner en classe auraient dû pouvoir le faire dès lundi.

L'association étudiante du Collège d'Alma avait déjà fait savoir qu'elle allait respecter l'injonction, et s'était dissociée au préalable de tout geste qu'allaient poser les grévistes pour empêcher un retour en classe. La direction du Collège indique pour sa part qu'elle va contacter ses avocats et étudier ses options.