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Accusé de plagiat dans son doctorat, le président hongrois démissionne

02/04/2012 08:54 EDT | Actualisé 02/06/2012 05:12 EDT

BUDAPEST, Hongrie - Le président hongrois, Pal Schmitt, a annoncé sa démission lundi devant le Parlement, une décision qui intervient après la perte de son doctorat dans une affaire de plagiat.

«Dans cette situation où la question de ma personne divise le pays au lieu de l'unir, je sens qu'il est de mon devoir de mettre fin à mes fonctions et démissionner de mon mandat présidentiel», a déclaré M. Schmitt, âgé de 69 ans. Il a été élu en 2010 avec le soutien du parti au pouvoir, le Fidesz, pour un mandat de cinq ans à ce poste essentiellement honorifique.

Ancien champion olympique d'escrime, Pal Schmitt a soutenu en 1992 une thèse de doctorat sur les Jeux olympiques. Mais une enquête de l'université Semmelweis de Budapest a démontré qu'une grande partie de sa thèse reproduisait les travaux de deux autres auteurs, ce qui lui a valu la révocation de son doctorat.

Le Parlement a accepté la démission de Pal Schmitt par 338 voix contre cinq, avec six abstentions. Le président du Parlement, Laszlo Kover, assure les fonctions de chef d'État par intérim jusqu'à l'élection par l'Assemblée d'un nouveau président d'ici 30 jours.

Lors de son discours devant les députés, Pal Schmitt a défendu son travail universitaire, soulignant qu'il ferait appel du retrait de son doctorat, si nécessaire devant les tribunaux. «C'est une question d'honneur, et j'ai la conscience tranquille», a assuré celui qui refusait encore dimanche de démissionner.

L'ancien président a annoncé son intention de préparer une nouvelle thèse sur les relations entre les sports et la protection de l'environnement.

À Lausanne, le Comité international olympique (CIO), dont Pal Schmitt est membre depuis 1983, a annoncé l'ouverture d'une enquête pour déterminer si des sanctions doivent être prises à son encontre.

Pal Schmitt n'est pas la première personnalité dont le sérieux universitaire est mis en cause. En mars 2011, le ministre allemand de la Défense, Karl-Theodor zu Guttenberg, avait dû démissionner après avoir été accusé de plagiat dans sa thèse de doctorat. Il avait énergiquement nié toute tricherie mais avait admis avoir commis «de graves erreurs» dans ses travaux.

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