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Mali: les rebelles touaregs attaquent Tombouctou; Sanogo rétablit la Constitution

01/04/2012 06:18 EDT | Actualisé 01/06/2012 05:12 EDT

Après avoir attaqué Kidal et Gao, dans le nord du Mali, les rebelles touaregs assiégeaient dimanche la ville de Tombouctou. Des habitants, contactés par téléphone, ont raconté qu'ils se terraient dans leurs maisons alors que des tirs étaient entendus autour de la ville. Parallèlement, le chef des mutins qui ont renversé le président Amadou Toumani Touré a annoncé qu'il rétablissait la Constitution, suspendue lors du putsch du 21 mars.

Le capitaine Amadou Sanogo a par ailleurs promis la réunion d'une "convention nationale" avec toutes les forces vives du pays en vue d'organiser des élections. Cette annonce survient alors que la CEDEAO (Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest) avait donné jusqu'à lundi à la junte pour restaurer un gouvernement civil. Faute de quoi, elle menaçait de fermer les frontières du pays et de geler ses comptes sur la banque centrale régionale.

Sur le front de la guerre civile, l'un des habitants de Tombouctou, Mohamed Lamine, a affirmé qu'il avait commencé à entendre à l'aube des tirs d'armes lourdes et que des soldats démoralisés prenaient la fuite. "Nous entendons des tirs d'armes lourdes en provenance du sud et de l'est de la ville. Une partie de l'armée a abandonné la ville depuis la nuit dernière", a-t-il affirmé.

Vendredi, les rebelles s'étaient emparés de la capitale provinciale Kidal, avant de prendre le contrôle le lendemain de la ville stratégique de Gao, profitant du chaos régnant dans le pays, onze jours après le coup d'Etat militaire.

Dans cette ville, les insurgés se rendaient de banque en banque, essayant d'accéder aux coffres-forts, a affirmé un habitant, Hama Dada Touré. Et à Kidal, des habitants ont raconté qu'une faction islamiste, issue de la rébellion, allait de magasin en magasin en demandant aux commerçants de retirer les photos de femmes non voilées.

Si Tombouctou, située à environ 1.000 kilomètres de la capitale, Bamako, tombait aux mains des insurgés, ce serait la plus grosse prise pour les rebelles touaregs, qui ont lancé leur insurrection le 17 janvier dernier. Les hommes du Mouvement national de libération de l'Azaouad (MNLA) revendiquent l'autonomie de la région de l'Azaouad, foyer traditionnel des nomades touaregs. Ils sont appuyés par des Touaregs libyens qui ont combattu pour Moammar Kadhafi et ont gagné le Mali après sa chute l'an dernier. AP

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