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Les médias sociaux peuvent s'avérer dangereux en politique

01/04/2012 03:44 EDT | Actualisé 01/06/2012 05:12 EDT

MONTRÉAL - Il n'aura fallu qu'un gazouillis sur Twitter pour provoquer la chute d'une assistante au Parti conservateur de l'Alberta, une situation qui sert d'avertissement quant aux dangers d'entremêler politique et médias sociaux.

Les sites de réseaux sociaux Twitter et Facebook se sont avérés des moyens efficaces pour rejoindre les électeurs au cours des dernières campagnes, mais les risques qui y sont liés sont considérables.

Un expert en médias sociaux de Toronto, Mark Evans, a souligné que plusieurs adjoints politiques ne réalisaient pas que Twitter n'était pas une plateforme de discussion privée. Il s'agit plutôt d'un forum public, et ce qui y est dit entraîne des conséquences.

Par ailleurs, il y a encore des personnes oeuvrant dans le milieu politique canadien qui ne comprennent pas les médias sociaux ou qui sont mal outillés pour les utiliser adéquatement, a ajouté M. Evans.

La campagne de la première ministre sortante de l'Alberta, Alison Redford, a subi un ressac lorsqu'une employée a mis en ligne un gazouillis déplacé, samedi. Elle s'y moquait de la rivale de Mme Redford, la leader du Parti Wildrose, Danielle Smith, et du fait que celle-ci n'a pas d'enfants.

Amanda Wilkie a été forcée de s'excuser et a plus tard remis sa démission.

Mme Redford a quant à elle déclaré à des journalistes, samedi après-midi, qu'elle avait été offusquée par l'attaque contre Mme Smith, ajoutant l'avoir téléphonée pour s'excuser.

Plus tôt samedi, Mme Smith avait elle-même réagi à l'affaire dans un communiqué, expliquant qu'elle et son époux, David Moretta, avaient souhaité des enfants après leur mariage, en 2006.

«Après quelques années nous avons sollicité l'aide de la clinique de fertilité de la région de Calgary. J'ai apprécié le soutien et l'aide apportés par le personnel tout au long des tests et des traitements, mais au final, nous n'avons pas réussi», a écrit Mme Smith dans le communiqué.

Mais le mal était fait.

Cette affaire est une preuve supplémentaire que dans le cas des employés n'ayant que peu d'expérience politique, Twitter présente davantage de risques que d'éventuels bénéfices.

«Si je faisais moi-même campagne, je ne permettrais qu'au personnel expérimenté des communications — ou peut-être l'entourage immédiat du leader — de faire un commentaire de n'importe quel type», a soutenu le directeur de la Coalition nationale des citoyens, Stephen Taylor.

«Pour la plupart des gens, les médias sociaux ne sont pas vraiment le moyen le plus efficace de passer un message ou de trouver de nouveaux leaders en matière de politique», a-t-il poursuivi.

Certains cas ont toutefois démontré l'utilité de ces outils lors de campagnes électorales.

Le maire de Calgary Naheed Nenshi a été encensé pour son recours à Twitter pendant sa campagne de 2010, une stratégie qui l'a aidé à être porté au pouvoir. Ce qui ne veut pas dire que tous peuvent s'en servir, nuance M. Taylor.

«Les médias sociaux ne sont pas une incantation magique qui permet de devenir instantanément une vedette rock», prévient-il.

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