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Les "Amis du peuple syrien" de nouveau réunis pour tenter de faire pression sur Damas

01/04/2012 07:00 EDT | Actualisé 01/06/2012 05:12 EDT

ISTANBUL - Les représentants de plusieurs dizaines de pays "Amis du peuple syrien", dont la Ligue arabe, l'Union européenne et les Etats-Unis, étaient réunis dimanche à Istanbul pour tenter d'accroître la pression sur Damas et l'amener à mettre en oeuvre le plan de sortie de crise de Kofi Annan.

Comme lors de la première réunion du groupe le 24 février à Tunis, la Russie et la Chine, principaux soutiens du régime syrien, ont décliné l'invitation.

La Syrie "n'a jamais tenu ses promesses" et il faut l'empêcher de "gagner du temps", a déclaré le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan en ouverture de la réunion. Damas a accepté la semaine dernière le plan présenté par l'émissaire de la Ligue arabe et de l'ONU Kofi Annan, prévoyant notamment un cessez-le-feu des forces gouvernementales, une trêve de tous les combats deux heures par jour pour évacuer les blessés et fournir une aide humanitaire, ainsi que l'ouverture de pourparlers entre toutes les parties pour chercher une solution politique.

Mais ce plan reste lettre morte et le régime alaouite poursuit la répression qui a fait plus de 9.000 morts en un an, selon les estimations de l'ONU. D'après des militants syriens des droits de l'homme, près d'une trentaine de personnes ont été tuées dimanche par des bombardements des forces de sécurité syriennes sur les quartiers de Khaldiyeh, Bayada et Safsafa à Homs, dans le centre de la Syrie. Les Comités de locaux de Coordination, un des mouvements regroupant les militants syriens, 50 personnes ont été tuées dimanche dans toute la Syrie.

"Si le Conseil de sécurité des Nations échoue une nouvelle fois" à se mettre d'accord, "il n'y aura pas d'autre choix que soutenir le droit du peuple syrien à la légitime défense", a estimé M. Erdogan. "Le monde doit juger" le président Bachar el-Assad "sur ses actes et non sur ses paroles", a de son côté déclaré la secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton. "Nous ne pouvons pas rester assis à encore attendre", note-t-elle, même si Washington considère une intervention militaire contre une solution de tout dernier recours, à éviter.

Mme Clinton a invité les "Amis du peuple syrien" à renforcer les sanctions contre Damas, accroître l'aide humanitaire et soutenir l'opposition. La patronne de la diplomatie américaine a annoncé une aide supplémentaire de 12 millions de dollars (neuf millions d'euros) et la fourniture de moyens de communication à l'opposition syrienne, pour l'aider à s'organiser.

Bourhan Ghalioun, le chef du Conseil national syrien (CNS), l'un des principaux groupes de l'opposition, a lui réclamé des mesures supplémentaires comme le renforcement des forces rebelles de l'Armée syrienne libre et l'ouverture de "couloirs de sécurité" à l'intérieur du territoire syrien. Mais les pays participant à la conférence d'Istanbul ne sont jamais parvenus à un accord sur une telle intervention, supposant le déploiement de forces étrangères pour acheminer l'aide humanitaire aux civils.

Quant à la fournitures d'armes à l'opposition, "ce n'est pas notre option préférée" en raison des risques d'escalade et de guerre civile, selon le CNS, qui demande plutôt un soutien technique et logistique. "Pour que ces équipements puissent être envoyés, les pays voisins doivent autoriser leur transfert par leurs ports et frontières", ajoute le CNS dans un communiqué.

D'après des participants à la conférence, l'Arabie saoudite et d'autres pays du Golfe travaillent à la mise en place d'un fonds doté de plusieurs millions de dollars, destiné à venir en aide aux membres de l'Armée syrienne libre et aux militaires qui feraient défection pour rejoindre l'insurrection. Ces participants, qui s'exprimaient sous couvert de l'anonymat, n'ont pas fourni d'autres détails, notamment sur les modalités de versement et de contrôle de ces fonds. AP

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