Front commun pour sauver Aveos

Publication: 1/04/2012 19:33 Mis à jour: 1/04/2012 19:40

Aveos
Travailleur d'Aveos (Photo PC/Ryan Remiorz)

(Radio-Canada.ca) - Après avoir manifesté pendant des jours, les travailleurs licenciés d'Aveos croyaient que tout était fini. Or, Radio-Canada a appris que cette entreprise d'entretien aéronautique faisant affaire avec Air Canada, fermée brutalement, est sur le point de renaître de ses cendres. On parle déjà d'un Aveos 2.

Selon nos informations, un front commun économique est en train de se dessiner.

« On se doit de regarder une alternative, elle doit être québécoise. Nous avions une expertise extraordinaire, 1800 personnes, donc regarder avec Air Canada toute solution positive pour l'avenir », explique Serge Tremplay, directeur du Comité sectoriel de main-d'oeuvre en aérospatiale (CAMAQ).

Un comité formé de représentants du milieu québécois des affaires, du monde syndical, du gouvernement du Québec est à l'oeuvre actuellement.

Des bailleurs de fonds auraient même été identifiés : le Fonds de solidarité FTQ, le ministère du Développement économique et Investissement Québec.

« J'ai eu des appels hier comme quoi il y a un comité qui s'est mis en branle. À la FTQ, on travaille fort, le syndicat travaille fort, on a des investisseurs qui parlent de s'en venir, ça devrait déboucher dans les prochains jours », affirme Marcel St-Jean, président de la section locale 1751 de l'Association internationale des machinistes et des travailleurs et travailleuses de l'aérospatiale.

C'est ce qui explique, le changement d'affectation de Jean Poirier, le porte-parole syndical d'Aveos. Celui qui a incarné la lutte des travailleurs licenciés et dont la verve n'est pas passée inaperçue doit maintenant se taire.

Selon nos informations, on aurait voulu éviter que les déclarations fracassantes de M. Poirier ne fassent avorter l'après-Aveos.

C'est ce qui expliquerait aussi le fait que le gouvernement du Québec, qui s'était prononcé de façon spectaculaire après la fermeture de l'entreprise, semblait en mode marche arrière.

Trouver un acquéreur

Le premier mandat du nouveau comité consiste à trouver un acheteur pour les installations d'Aveos.

« Ce serait d'être capable de trouver un maître d'oeuvre à l'échelle internationale qui aurait intérêt à venir au Québec », dit Serge Tremblay.

Ce maître d'oeuvre serait une entreprise internationale spécialisée en entretien d'aéronefs. Pour le moment, plusieurs noms circulent dont : Lufthansa Teknik, une société allemande qui bénéficie d'une solide réputation, et MTU, une autre firme allemande qui a déjà une filiale canadienne basée en Colombie-Britannique.

Naissance et déclin d'Aveos

1988 : La privatisation d'Air Canada, société d'État créée en 1937 sous le nom de Trans-Canada Airlines, s'amorce. En vertu de la Loi sur la participation publique au capital d'Air Canada, le transporteur aérien devra « maintenir les centres d'entretien et de révision dans les villes de Winnipeg et Mississauga et dans la Communauté urbaine de Montréal ».

2003 : Air Canada se place sous la protection de la Loi sur les arrangements avec les créanciers des compagnies. Son plan de restructuration comprend la création de Gestion ACE Aviation Inc., qui chapeautera Air Canada et plusieurs de ses divisions transformées en sociétés en commandite. Les activités de maintenance relèveront désormais de deux divisions. L'entretien des cellules (fuselage, voilure, etc.), des moteurs et des composants sera confié à ACTS (Air Canada Technical Services), une entité qui relève directement d'ACE. Air Canada conservera la maintenance quotidienne. Les employés des deux entités ont la même convention collective, même si les directions sont distinctes.

2007 : ACTS est vendue à un groupe d'investisseurs qui la renomme en 2008 Aveos Performance aéronautique Inc.

Janvier 2011 : Le Conseil canadien des relations industrielles statue qu'Air Canada et Aveos doivent être régies par des conventions collectives distinctes. Des rumeurs de mises à pied circulent chez Air Canada. En juillet, 1800 employés de maintenance décident de quitter Air Canada pour Aveos. Dans les mois qui suivent, environ 250 employés de maintenance sont mis à pied chez Air Canada, selon le syndicat.

19 mars 2012 : Aveos se place sous la protection de la Loi sur les arrangements avec les créanciers des compagnies, affirmant que « son principal client a réduit, différé et annulé du travail de maintenance, ce qui a résulté en des pertes de revenus d'environ 16 millions $ en moins de deux mois ». L'entreprise annonce le lendemain qu'elle va commencer à liquider ses actifs.

D'après un reportage de Maxime Bertrand

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Publié par Patrick White  |