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Les Amis de la Syrie reconnaissent le Conseil national syrien

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Les 70 pays Amis de la Syrie, réunis dimanche à Istanbul, ont reconnu le Conseil national syrien. (AFP)
Les 70 pays Amis de la Syrie, réunis dimanche à Istanbul, ont reconnu le Conseil national syrien. (AFP)

(Radio-Canada.ca)

Les 70 pays Amis de la Syrie, réunis dimanche à Istanbul, ont reconnu le Conseil national syrien (CNS) comme « représentant légitime de tous les Syriens ». Ils ont également maintenu la pression sur Damas, appelant le président Bachar al-Assad à tenir ses promesses.

Les Amis du peuple syrien - parmi lesquels figurent le Canada, les États-Unis, l'Union européenne et plusieurs pays arabes - ont par ailleurs souligné le droit à l'autodéfense du peuple syrien. Une position défendue avec véhémence dans la matinée par la Turquie qui voit là un moyen de pression supplémentaire sur Damas.

« Le groupe a exprimé son soutien à des mesures légitimes prises par la population syrienne pour se protéger elle-même », indique la déclaration finale de la conférence. Le texte encourage aussi les membres des forces gouvernementales à désobéir aux ordres lorsque ceux-ci visent la population civile.

« Près d'une semaine s'est écoulée et nous devons reconnaître que la longue liste des promesses non tenues par le régime s'allonge. » -- Hillary Clinton
La question de l'armement des rebelles n'est en revanche pas mentionnée dans la déclaration. Réclamée par l'opposition syrienne et des pays arabes, qui veulent fournir des armes à l'Armée syrienne libre (ASL), cette option divise les Amis de la Syrie.

Divisions sur la question de l'armement des opposants

Le ministre canadien des Affaires étrangères, qui participait à la réunion, a ainsi déclaré qu'il n'y aurait pas de livraisons d'armes financées par les contribuables canadiens, John Baird préférant donner « la priorité aux actions diplomatiques et humanitaires ».

À défaut de fournir des armes, l'Arabie saoudite, le Qatar et des pays du Golfe ont dit qu'ils allaient verser 200 millions de dollars pour aider le CNS à payer les salaires des soldats de l'ASL.

Cette annonce a suscité l'ire du premier ministre irakien. « Cela fait un an (que la crise dure) et le régime syrien n'est pas tombé. Il ne tombera pas et pourquoi devrait-il tomber? Nous sommes opposés à l'envoi d'armes et à tout processus menant au renversement du régime car cela aggraverait la crise dans la région », a prévenu Nouri al-Maliki.

Il pense que ni le régime ni l'opposition n'ont l'intention de lâcher prise. « La crise continuera et nous, pays arabes, devons tenter d'éteindre le feu car sinon l'incendie s'étendra à l'Irak, au Liban, à la Jordanie, la Palestine et à toute la région, y compris les pays qui veulent utiliser le langage de la force », a poursuivi M. Maliki qui n'avait jamais critiqué aussi durement - sans toutefois les nommer - le Qatar et l'Arabie saoudite, principaux partisans d'un armement de la rébellion syrienne.

Promesses à tenir

À l'issue de la conférence, les déclarations se sont multipliées pour exhorter le président Assad à respecter ses engagements. Le régime syrien allonge « la longue liste des promesses non tenues » en lançant de nouvelles offensives contre des villes syriennes alors qu'il s'est engagé à respecter le plan Annan, a déclaré la secrétaire d'État américaine, Hillary Clinton.

Manifestant la même impatience, le chef de la diplomatie française, Alain Juppé, a insisté sur la nécessité d'imposer un délai précis au régime de Damas pour qu'il mette en oeuvre le plan de sortie de crise. « Il y a un risque bien sûr d'enlisement, et on voit bien la tactique du régime qui est de gagner du temps. C'est la raison pour laquelle il faut, et nous sommes tous d'accord là dessus, fixer une limite dans le temps à l'action » de Kofi Annan.

« Dans le cas de la Bosnie, la communauté internationale a été trop lente (...) Nous avons donc perdu beaucoup de vies. Dans le cas de la Syrie, la communauté internationale ne doit pas être aussi lente. Nous devons agir sans délai. », a déclaré Recep Tayyip Erdogan

Le plan proposé par l'émissaire de l'ONU et de la Ligue arabe prévoit, entre autres, la cessation de toute forme de violence par toutes les parties, la fourniture d'aide humanitaire et la libération des opposants détenue arbitrairement.

Le Conseil de sécurité face à ses responsabilités

Dans son allocution d'ouverture, le premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan avait mis la pression sur la communauté internationale. « Si le Conseil de sécurité (de l'ONU) manque une nouvelle fois une opportunité historique, il n'y aura pas d'autre choix (...) que de soutenir le droit à la légitime défense du peuple syrien », a-t-il dit, avant d'appeler le Conseil à prendre ses responsabilités, malgré les menaces de veto de la Russie et de la Chine, qui s'opposent à toute résolution contre Damas.

Le chef de la Ligue arabe, Nabil al-Arabi, a lui aussi appelé les participants à faire pression sur le Conseil de sécurité pour qu'il mette en oeuvre des mesures « contraignantes » contre le régime de Bachar al-Assad.

Pendant ce temps-là, au moins 40 personnes ont été tuées dimanche en Syrie, dont 15 membres des forces gouvernementales, rapporte l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

Le régime syrien a pour sa part annoncé samedi qu'il avait gagné la partie après un an de révolte réprimée au prix de plus de 9000 morts, selon les Nations-Unies. « La bataille pour faire tomber l'État en Syrie est terminée une fois pour toutes », a affirmé le ministère syrien des Affaires étrangères.