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Un Mexicain ne peut revenir aux États-Unis pour enterrer son fils décédé

31/03/2012 10:51 EDT | Actualisé 31/05/2012 05:12 EDT

ALLENTOWN, États-Unis - Un citoyen mexicain dit s'être fait refuser l'entrée aux États-Unis pour y enterrer son fils de 10 ans, un citoyen américain qui est mort mardi lors de l'incendie d'une résidence dans le nord-est de la Pennsylvanie, incendie qui a également tué trois autres personnes.

Les avocats de Fidelmar Merlos-Lopez tentent de lui faire obtenir une dérogation pour des motifs humanitaires afin qu'il puisse assister aux funérailles, mais ils affirment que les services frontaliers américains ont contrecarré leurs efforts.

Damien Lopez est mort dans une maison en rangée de Shenandoah avec son cousin, sa tante et son demi-frère âgé de sept mois. Les funérailles sont prévues pour lundi, et l'enterrement aura lieu le lendemain.

Selon M. Lopez, un conducteur d'autobus scolaire de 34 ans, les douanes américaines refuseraient de lui octroyer ne serait-ce qu'un permis pour voir son fils une dernière fois, et serait plutôt traité en criminel.

M. Lopez attend à la frontière entre les États-Unis et le Mexique près de Laredo, au Texas, depuis l'incendie.

Une porte-parole des services frontaliers n'a pas retourné un message téléphonique laissé à son bureau samedi.

M. Lopez était adolescent lorsqu'il est entré illégalement aux États-Unis en 1995 et s'est retrouvé à Shenandoah, une ville de cols bleus avec une importante population hispanique. Il a marié une citoyenne américaine qui a donné naissance à Damien en 2002. Il a plus tard divorcé la mère de son fils et épousé sa conjointe actuelle, Danielle Lopez, qui est également citoyenne américaine.

En 2007, des policiers de la ville voisine de Frackville ont arrêté M. Lopez pour avoir brûlé un feu rouge et l'ont remis aux autorités en immigration. Il a accepté de quitter volontairement les États-Unis et a commencé le processus de demande de la résidence permanente.

Selon Elizabeth Surin, son avocate en matière d'immigration, son client était en bonne voie d'obtenir sa résidence permanente et de rejoindre sa famille à Shenandoah lorsque la tragédie a frappé.

Le droit de passage pour des motifs humanitaires est accordé à des immigrants sous le coup d'une urgence pressante nécessitant une entrée temporaire aux États-Unis. Ce droit est utilisé de façon parcimonieuse : le gouvernement ne donne son aval qu'à environ 25 pour cent des 1200 demandes qu'il reçoit à chaque année.

Selon Me Surin, M. Lopez se qualifie. En fait, le mari mexicain de Tiffany Sanchez, la femme de 29 ans qui est morte dans l'incendie, a obtenu le droit d'assister aux funérailles.

L'avocate a ajouté que les responsables des services frontaliers lui ont expliqué que M. Lopez s'est vu refuser l'entrée parce qu'il n'avait pas de relation avec Damien. Selon elle, c'est tout le contraire : son client avait la garde partielle de son fils et versait une pension alimentaire à son ex-femme avant de quitter les États-Unis.

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