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Tunisie: le ministre de l'Intérieur se dit résolu à combattre la violence

31/03/2012 02:37 EDT | Actualisé 31/05/2012 05:12 EDT

TUNIS, Tunisie - Le ministre tunisien de l'Intérieur Ali Larayedh a affiché samedi sa détermination à appliquer la loi contre les auteurs d'appels et d'actes de violence, lors d'une séance marathon de l'assemblée nationale constituante (ANC) consacrée à l'examen de la situation sécuritaire dans le pays.

A l'ouverture des débats, le président de l'ANC, Mustapha Ben Jaâfar, relayé par plusieurs députés, s'est dit "préoccupé" par la multiplication des appels au meurtre, à la dissension et à la haine, les qualifiant de "phénomènes graves". Il a cité la profanation du Coran et du drapeau tunisien, le meurtre d'un imam, les affrontements tribaux et "les agressions en série" contre des artistes, des journalistes et les agents de l'ordre ainsi que les sit-in sur la voie publique.

"Nous disons 'non' aux dérapages, à la violence et aux menaces qui visent à imposer un mode de vie étranger à notre société", a-t-il martelé en allusion aux courants salafistes radicaux. "La liberté ne signifie pas l'anarchie et la rébellion", a-t-il insisté.

Des groupes salafistes ont entravé le fonctionnement dans une faculté près de Tunis pour exiger le port du niqab par des étudiantes pendant les cours et les examens, interdit par le conseil scientifique de l'établissement. Des professeurs ont été agressés et plusieurs étudiants blessés lors d'affrontements entre groupes d'étudiants opposés.

La présidente du parti démocratique progressiste (PDP/opposition), Maya Jribi a déploré l'absence de réaction des autorités face à ces dépassements.

Le chef du groupe du mouvement islamiste Ennahdha, au pouvoir, Sahbi Atig, a lui estimé que "beaucoup se comportent comme s'ils étaient au-dessus de la loi", en pointant du doigt notamment les RCDéistes, partisans de l'ancien parti au pouvoir sous le président Zine El Abidine Ben Ali, qui, selon lui, "sont en train de se réorganiser pour revenir sur scène".

Le ministre de l'intérieur a admis que la situation sécuritaire était "loin d'être satisfaisante", en dépit d'une "amélioration sensible enregistrée depuis plus d'un an". "Nous vivons une période de grande gestation post-révolutionnaire et la naissance de la démocratie n'est pas aisée. Elle nécessite un peu de temps", a-t-il analysé.

M. Larayedh a néanmoins condamné les pratiques violentes attribuées aux courants salafistes et à ceux qui s'apparentent à l'esprit d'Al-Qaïda. "L'appareil sécuritaire assumera son rôle en appliquant la loi contre quiconque la sécurité du pays", a-t-il averti sur un ton ferme. Il a, dans ce contexte, fait état du renforcement de la coopération avec les pays voisins tels la Libye, l'Algérie et l'Italie pour sécuriser les frontières tunisiennes.

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