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Syrie: pas de retrait préalable des forces gouvernementales, souligne Damas

31/03/2012 11:17 EDT | Actualisé 31/05/2012 05:12 EDT

BEIRUT - Les forces gouvernementales syriennes ne se retireront pas tant que la situation ne reviendra pas à la normale, a assuré samedi un porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Jihad Makdessi. Ces propos interviennent à la veille d'une nouvelle réunion dimanche à Istanbul du groupe des Amis du peuple syrien, comprenant notamment la Ligue arabe, l'Union européenne et les Etats-Unis.

C'est la première réponse des autorités syriennes aux déclarations de l'émissaire des Nations unies et de la Ligue Arabe Kofi Annan, qui avait enjoint vendredi au régime alaouite de cesser au préalable ses opérations militaires, en tant que "partie la plus forte" et "en signe de bonne foi".

Les forces syriennes sont "en état de légitime défense et protègent les civils", a affirmé M. Makdessi à la télévision publique. "L'armée syrienne n'est pas heureuse d'être présente dans les zones d'habitation. Une fois que la paix et la sécurité prévaudront dans ces secteurs, l'armée ne restera pas, ni n'attendra que Kofi Annan parte. C'est une affaire syrienne", a-t-il ajouté.

La Syrie a accepté mardi le plan de paix présenté par Kofi Annan, prévoyant notamment un cessez-le-feu des forces gouvernementales, une trêve de tous les combats deux heures par jour pour évacuer les blessés et fournir une aide humanitaire, ainsi que l'ouverture de pourparlers entre toutes les parties pour chercher une solution politique. Mais le régime n'a pas mis en oeuvre le plan et la répression se poursuit.

Selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme, les forces de sécurité ont fait au moins 25 morts samedi, principalement dans les provinces de Deraa (sud), d'Idlib (nord-ouest) et de Homs (centre). Les Comités locaux de coordination, autre mouvement de militants syriens, citent eux un bilan de 24 morts, dont neuf à Idlib et huit à Homs.

Le coordinateur spécial des Nations unies pour le processus de paix au Moyen-Orient, Robert Serry, avait déclaré mardi devant le Conseil de sécurité de l'ONU que le conflit en Syrie avait fait "plus de 9.000" morts. La précédente estimation de l'ONU faisait état d'un bilan de plus de 8.000 morts depuis le début de la contestation dans le pays à la mi-mars 2011.

Le mouvement initialement pacifique s'est radicalisé face à la violence des forces de sécurité et a été rejoint par des déserteurs de l'armée. Le régime alaouite du président Bachar el-Assad affirme que l'opposition est manipulée par l'Occident et qu'il affronte un complot terroriste de l'étranger visant à déstabiliser le pays.

A Istanbul, où se tient dimanche une nouvelle réunion du groupe des Amis du peuple syrien, le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan ne dissimule pas un certain desarroi. Le régime alaouite, constate-t-il, "continue de tuer" en dépit de toutes les pressions, appels au départ de Bachar el-Assad, discussions ou plans comme celui de Kofi Annan. Comme lors de la première réunion, le 24 février à Tunis, la Russie et la Chine ont décliné l'invitation.

"Il semble que la communauté internationale continue à s'épuiser à rechercher toutes les solutions diplomatiques, toutes les solutions qui n'impliquent pas une intervention militaire", relève Bassam Imadi du Conseil national syrien (CNS), l'un des principaux groupes de l'opposition.

"Tout ce que fait le régime est gagner du temps, encore et toujours, dans l'espoir d'écraser le soulèvement, que les gens rentrent chez eux. Mais bien sûr, ce n'est pas ce qui va se passer", veut croire M. Imadi.

Reste que pour la Turquie et les Etats-Unis, une intervention militaire n'est pas à l'ordre du jour, a rappelé l'ambassadeur américain en Turquie, Francis Ricciardone. C'est une solution "absolument de dernier recours, indésirable", a-t-il souligné.

"Nous travaillons dans les limites du droit international et de la diplomatie (...) C'est une situation sans réponses faciles, simples. Il n'y a pas de magie", résume-t-il. AP

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