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Obama presse le Congrès d'adopter la «Règle de Buffet» pour hausser les impôts

31/03/2012 02:40 EDT | Actualisé 31/05/2012 05:12 EDT

WASHINGTON - Le président américain Barack Obama a pressé le Congrès, samedi, de hausser les impôts des plus fortunés au pays, réitérant une proposition déjà évoquée en septembre dernier et tentant du même coup de creuser le fossé avec l'opposition républicaine en vue de la présidentielle à venir.

La mesure doit être soumise au vote au Sénat — à majorité démocrate —, le 16 avril, mais elle n'a que très peu de chances d'être adoptée au Congrès. Il s'agit toutefois d'un puissant symbole des efforts du président Obama et des démocrates du Congrès pour se faire les champions d'une économie soi-disant juste. Les républicains ont, de leur côté, rejeté la proposition, arguant qu'il s'agit d'une stratégie politique qui n'aura pratiquement pas d'impacts réels sur le budget.

M. Obama a souligné dans son allocution de samedi, diffusée sur Internet et à la radio, que les plus nantis des Américains devaient faire leur juste part, de sorte que d'autres citoyens pourront eux aussi s'enrichir, «et pas juste une poignée».

Le président a baptisé sa mesure de «Règle de Buffet», en référence au richissime Warren Buffet, un milliardaire américain s'étant plaint du fait que les plus fortunés du pays paient une plus petite part de leurs revenus en impôts au gouvernement fédéral, par rapport aux contribuables de la classe moyenne.

Plusieurs Américains font fortune avec des revenus d'investissement, qui sont taxés à hauteur de 15 pour cent. Le président Obama propose de doubler la mise, pour que ceux qui empochent au moins 1 million $ US annuellement — en investissements ou en salaires —, versent au moins 30 pour cent en impôts de leurs revenus tirés de ces activités.

La «Règle de Buffet» est ramenée sur le tapis au moment où des millions d'Américains préparent leurs impôts pour cette année, avec l'approche du délai, fixé au mois d'avril.

Par ailleurs, l'affaire renouvelle l'attention portée au taux d'imposition du candidat en tête de l'investiture républicaine, Mitt Romney. Le millionnaire a payé 15,4 pour cent d'impôts au fédéral en 2011, sur des revenus issus majoritairement d'investissements.

Les contribuables au haut de l'échelle d'imposition avec les revenus les plus élevés — et tirés de salaires plutôt que d'investissements —, ont payé de leur côté 35 pour cent en impôts.

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