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Îles Malouines: 30 ans après le conflit, les cicatrices sont toujours visibles

31/03/2012 07:27 EDT | Actualisé 31/05/2012 05:12 EDT

STANLEY, Îles Malouines - Trente ans après que les troupes de l'Argentine et du Royaume-Uni y aient versé leur sang, les cicatrices de la guerre sont toujours bien visibles dans les îles isolées des Malouines, dans le Sud de l'Atlantique.

L'occupation de l'Argentine des îles connues sous le nom des Falklands au Royaume-Uni n'aura duré que 74 jours, mais le traumatisme s'est répandu bien au-delà des familles des 907 personnes mortes dans le conflit.

Les insulaires vivent toujours sur des terres minées, héritage des soldats argentins. Seuls les pingouins, au poids léger, peuvent se rendre sur la superbe plage de sable blanc située non loin de la ville, et où les troupes étaient descendues à terre le 2 avril 1982. Les résidants ressentent par ailleurs toujours le besoin d'une lourde garnison militaire, avec des navires de guerre et des sous-marins nucléaire, pour les protéger de leur voisin latino-américain.

L'arrivée d'avions ou de paquebots de croisière font craindre à certains d'entre eux que les Argentins s'y trouvant puissent jouer les troubles-fêtes. Ils se forgent une carapace quotidienne pour les nouvelles concernant d'autres tentatives de les isoler sur les plans économique et diplomatique. L'Argentine continue de faire pression sur l'Angleterre pour que la souveraineté de ces terres lui soit cédée.

Les insulaires des Malouines prendront part, dimanche, à une marche organisée par les forces de défense des îles, pour commémorer la journée où leur milice locale s'était mobilisée tout juste avant l'invasion. Les Argentins tiendront de leur côté une vigile au monument aux soldats tombés au combat, à Ushuaia, la capitale de la province la plus au sud du pays.

La présidente argentine Cristina Fernandez doit se rendre dans la ville lundi, alors que se tiendront de multiples rassemblements un peu partout au pays, pour honorer les anciens soldats.

«D'un côté, il faut reconnaître que 30 ans c'est très long, mais de l'autre, c'est comme si c'était hier. Dès que vous commencez à faire des menaces, tout cela revient. Ça rend les gens nerveux, irritables. Nous ne croyons pas qu'ils useront de leur force militaire, mais leurs autres gestes n'aident en rien à la situation», a expliqué Tony Smith, un insulaire et guide, qui a déploré les positions extrêmes d'un côté comme de l'autre.

«Pratiquement tous les Argentins que je rencontre sont tout à fait corrects», a-t-il ajouté.

Les Argentins se voient par ailleurs eux aussi comme des victimes dans cette affaire. Plusieurs d'entre eux catalysent leur frustration sur le rôle historique de l'Angleterre en tant que puissance coloniale mondiale, bien que les îles ne soient plus une colonie à l'heure actuelle. Ils mettent également la guerre de 1982 sur le compte de la junte militaire, qui dirigeait l'Argentine à l'époque. La prise des îles avait toutefois profité d'une grande popularité au sein de la population.

Quelque 649 soldats argentins et 255 soldats britanniques ont été tués lors du conflit, de même que trois insulaires. Ils ont pour la plupart été enterrés sur les îles, dans des cimetières distincts.

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