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Deux policiers kosovars sont arrêtés non loin de la frontière de la Serbie

31/03/2012 05:38 EDT | Actualisé 31/05/2012 05:12 EDT

Deux policiers kosovars qui ont traversé la frontière sud de la Serbie ont été arrêtés samedi, ont annoncé des responsables. Le Kosovo a condamné les détentions, affirmant que les policiers ne se trouvaient pas en Serbie et qu'ils avaient été «kidnappés».

L'incident a alimenté les tensions en prévision des élections générale et locales serbes, qui auront lieu le 6 mai. La Serbie gère des institutions parallèles dans les zones du Kosovo où des minorités serbes vivent en défiant l'autorité de Pristina, la capitale kosovare. Belgrade entend organiser des votes locaux pour les maires dans ces zones dans le cadre des élections, un plan qui a mis le Kosovo en colère.

Les policiers kosovars ont été emprisonnés samedi dans la région de Merdare, et étaient armés de pistolets, de fusils automatiques et d'équipement surveillance, a indiqué la police serbe par voie de communiqué.

Le ministre kosovar de l'Intérieur Bajram Rexhepi a déclaré que les deux hommes avaient été enlevés lors d'une embuscade tendue par la police serbe tout juste à l'intérieur du territoire kosovar.

Selon lui, les policiers ont été pris au piège alors qu'ils retiraient des bûches d'une route où des patrouilles circulent fréquemment. Lors d'une déclaration sur les ondes de la télévision publique RTK, le ministre a expliqué que 13 gendarmes serbes les avaient alors encerclés, kidnappés et emportés en Serbie.

Leur détention semble s'inscrire dans une série d'actions et de ripostes. Plus tôt samedi, une cour kosovare a libéré quatre personnes travaillant pour le ministère serbe de l'Intérieur qui ont été arrêtées le mois dernier pour avoir distribué des papiers d'identité émis par la Serbie. Le Kosovo était autrefois une province serbe qui a déclaré son indépendance en 2008, un geste que Belgrade continue de rejeter avec véhémence.

La Serbie va détenir les policiers pendant au moins 48 heures supplémentaires dans la ville de Kursumlija jusqu'à ce qu'un procureur décide de déposer ou non des accusations contre eux. Les autorités serbes affirment qu'en pénétrant sur leur territoire, les deux hommes ont violé une entente militaire avec l'OTAN qui a mis fin à la campagne de bombardement de l'Alliance atlantique de 1999 et stoppé la guerre au Kosovo. L'entente établit une zone tampon entre le Kosovo et la Serbie patrouillée seulement par les forces de l'OTAN, ainsi que l'armée et la police serbes.

L'OTAN n'a pas pu être immédiatement rejointe pour obtenir un commentaire.

Le Kosovo a donné son accord pour que les citoyens possédant la double nationalité puissent voter lors des élections générales serbes, mais les autorités ont précisé qu'elles ne permettraient pas que les scrutins locaux puissent servir à désigner les maires des institutions parallèles.

La Serbie refuse de reconnaître l'indépendance du Kosovo, mais elle doit améliorer ses relations avec son ancienne province pour faire progresser son dossier de candidature pour rejoindre l'Union européenne.

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