Rencontre sur les droits de scolarité: «les dés étaient pipés»

Publication: 30/03/2012 14:32 Mis à jour: 30/03/2012 14:39

Table Concertation
Max Roy, directeur de la FQPPU, et Carole Neill, directrice de la CPSU.

(Radio-Canada) La Table des partenaires universitaires dénonce le gouvernement qui soutient que professeurs et étudiants ont boycotté la Rencontre des partenaires de l'éducation il y a un peu plus d'un an. Ils soutiennent que cette réunion était en fait une mascarade.

Jean Charest et ses ministres ont affirmé au cours des dernières semaines que les leaders étudiants avaient tort d'accuser le gouvernement de faire la sourde oreille à leurs revendications, puisqu'ils avaient claqué la porte de la rencontre de consultations de 2010 sur l'avenir de l'éducation au Québec.

La Table des partenaires universitaires, qui comprend des groupes liés au milieu de l'éducation comme la Fédération québécoise des professeurs d'université, des associations étudiantes et le Conseil québécois des syndicats universitaires, a dit en conférence de presse, vendredi, vouloir « rétablir les faits quant aux allégations du gouvernement Charest ».

Ces associations soutiennent que la rencontre a été convoquée « à la dernière minute » et que leurs représentants qui y étaient invités étaient minoritaires par rapport aux recteurs d'université et aux représentants du milieu des affaires.

De plus, explique Max Roy, président de la Fédération québécoise des professeurs d'université, le volet de la discussion sur les droits de scolarité demandait de répondre à la question : « quel principe devrait guider la hausse des droits de scolarité ? ». Cela supposait, selon lui, que « la hausse était une chose entendue par tout le monde [alors que] dans les faits, ce n'était pas une chose entendue ».

«Elle était imposée cette hausse!» --Max Roy, prédisent de la Fédération québécoise des professeurs d'université

Carole Neill, la présidente du syndicat qui représente les employés de soutien, chargés de cours et d'encadrement, le CPSU, dénonce pour sa part que les propos et commentaires des représentants de la Table des partenaires n'ont pas été repris dans la synthèse des ateliers de discussion lors de la rencontre.

Par exemple, explique-t-elle, pendant l'atelier auquel elle participait, des recteurs et des représentants de l'Institut économique de Montréal annonçaient « une possible dégradation des universités ». Mme Neill dit leur avoir demandé sur quelles études ils basaient leur affirmation. « Personne ne m'a répondu. Dans la synthèse, on a repris la notion d'érosion des universités, mais on n'a pas repris mes propos sur la nécessité de le démontrer », s'indigne-t-elle.

Aussi, pendant la pause du midi, les représentants de la Table des partenaires se sont réunis :

« On s'est dit "si on reste là, on participe à cette mascarade et on cautionne le gouvernement face à la hausse des droits de scolarité". C'est la raison pour laquelle on est sorti. » -- Carole Neill, la présidente du CPSU
Les représentants estiment que s'ils étaient restés à la rencontre, le gouvernement se serait prévalu aujourd'hui, à tort, de leur accord.

La Table des partenaires universitaires dit soutenir les étudiants dans leurs contestations.

La Table des partenaires regroupe les organisations étudiantes et syndicales suivantes:

Association pour une solidarité syndicale étudiante (ASSÉ)
Conseil québécois des syndicats universitaires (CQSU-AFPC)
Conseil provincial du secteur universitaire (SCFP-FTQ)
Fédération des associations étudiantes universitaires du Québec en éducation permanente (FAEUQEP)
Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ)
Fédération des professionnèles (FP-CSN)
Fédération du personnel professionnel des universités et de la recherche (FPPU)
Fédération nationale des enseignantes et des enseignants du Québec (FNEEQ-CSN)
Fédération québécoise des professeures et professeurs d'université (FQPPU)
Table de concertation étudiante du Québec (TaCEQ)
Table des syndicats universitaires (TSU-CSQ)

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Publié par Jean-Philippe Cipriani  |