Pièce d'un cent: Après la décision canadienne, l'avenir du sou noir est aussi incertain aux É.-U.

Penny

Première Publication: 30/03/2012 15:03 Mis à jour: 30/03/2012 18:29

WASHINGTON - La décision du gouvernement canadien de faire disparaître progressivement la «cenne noire» a relancé aux États-Unis le débat sur la pertinence de la vénérable pièce de monnaie.

La décision canadienne a été encensée, vendredi, notamment sur la page Facebook du groupe Citizens for Retiring the Penny, dont le slogan est «N'est-il pas agaçant?».

«Si le Canada peut le faire, pourquoi pas nous?», demande Aaron R. Piven.

«Bravo!, ajoute un internaute. Le Canada a pris la bonne décision! Espérons que les États-Unis fassent bientôt de même.»

L'idée d'éliminer la pièce d'un cent, qui porte l'effigie de l'ancien président Abraham Lincoln, est discutée depuis des années aux États-Unis, où la production d'un sou coûte... 2,4 cents US.

Le journaliste David Owen — qui s'est déjà prononcé en faveur de l'abolition du cent et a jadis louangé la décision du Canada d'aussi retirer les billets de 1 $ et 2 $ — a de nouveau félicité le Canada pour sa position innovatrice.

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«Le Canada est et a été un pionnier, et ce à plusieurs chapitres, y compris en éliminant le billet de 1 $, en utilisant des métaux différents et moins dispendieux — des choses que les Américains hésitent à faire, a-t-il dit lors d'une entrevue accordée vendredi. Je ne sais pas si les Américains se feront jamais à l'idée. Il y a un lien sentimental envers le sou (...) Nous en voudrons probablement tant que nous continuerons à utiliser du liquide, tant que les gens ne paieront pas avec leur téléphone cellulaire.»

Le lobby américain du zinc compte parmi les principaux opposants à la disparition du sou noir, tout comme les lobbyistes du nickel s'opposent à l'abolition de la pièce de cinq cents. Un autre groupe, Americans for Common Cents, affirme que la disparition du sou nuirait aux consommateurs, en incitant les détaillants à arrondir leurs prix vers le haut — une hypothèse ridiculisée par M. Owen.

«L'idée que vous allez être exploités par les marchands, qu'ils factureront quelques cents de plus sans le sou — ce n'est pas le cas. La plupart des marchands sont heureux d'arrondir leurs prix en votre faveur. Ils ne veulent simplement plus avoir à gérer le sou», a-t-il dit.

M. Owen reconnaît que les Américains semblent allergiques au changement, citant en exemple la piètre réception accordée à la pièce de 1 $.

«Un des problèmes — en plus du fait que certains Américains pensent que c'est un complot communiste —, c'est que le dollar ressemble de près à la pièce de 25 cents. Il ne circule donc pas librement et quand les gens en obtiennent un, ils le gardent comme si c'était un objet rare, a-t-il expliqué. Contrairement à ce qu'on voit ailleurs, il ne semble pas y avoir ici de réaction rationnelle aux changements liés à la monnaie.»

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Publié par Myriam Lefebvre  |