NOUVELLES

L'Union des consommateurs qualifie le budget fédéral de dangereux

30/03/2012 03:43 EDT | Actualisé 30/05/2012 05:12 EDT

OTTAWA - Deux paragraphes du budget fédéral déposé jeudi à Ottawa poussent l'Union des consommateurs à qualifier ce budget de dangereux.

Ces deux paragraphes, avares de détails, annoncent que l'Agence canadienne d'inspection des aliments (ACIA) n'aura plus à réglementer les étiquettes des aliments, si l'étiquetage n'est pas lié à la santé ou à la salubrité des aliments, et que Santé Canada pourra accélérer la disponibilité de nouveaux médicaments.

«L'ACIA mettra en ligne un outil de vérification de l'étiquetage qui incitera les consommateurs à signaler directement leurs préoccupations légitimes aux entreprises et aux associations afin que la situation soit corrigée», peut-on lire dans le document budgétaire.

«L'ACIA continuera à offrir une surveillance pour s'assurer que les étiquettes disent la vérité», promet pour sa part le ministre de l'Agriculture, responsable de l'agence, Gerry Ritz.

Lors d'une conférence téléphonique depuis Regina, vendredi matin, le ministre a toutefois maintenu que les consommateurs devront d'abord s'adresser aux compagnies qui produisent les aliments.

«Ils peuvent se tourner vers nous s'ils veulent plus d'aide», a dit le ministre, sans préciser ce que pourrait faire alors l'agence qui n'est plus responsable de ces étiquettes.

Charles Tanguay, de l'Union des consommateurs, qui regroupe 11 associations de consommateurs au Québec, ridiculise l'approche.

«C'est assez farfelu comme idée», s'est-il moqué au cours d'une entrevue téléphonique.

«Chaque entreprise a déjà un numéro 800 et des sites Web et on sait comment faire ça. Ça veut dire quoi, signaler directement ses préoccupations aux entreprises? Ça prend un chien de garde. Ce n'est pas le consommateur qui est outillé pour vérifier la véracité des informations sur les étiquettes», a-t-il insisté.

M. Tanguay s'inquiète également des intentions de Santé Canada.

On peut lire dans le budget que «le gouvernement élimine (...) l'exigence d'apporter des modifications règlementaires avant que (des) nouveaux médicaments puissent être prescrits ou lorsqu'un médicament sur ordonnance devient un médicament disponible sans ordonnance».

Selon M. Tanguay, le gouvernement se met ainsi aux services des compagnies pharmaceutiques, au mépris de la protection des consommateurs et de leur santé.

«Derrière l'idéologie qui anime les compressions, il y a la porte ouverte, le bar ouvert à l'entreprise privée au mépris de la protection des consommateurs et de la protection de la santé des consommateurs», a-t-il conclu.

Ni Santé Canada ni l'ACIA n'ont offert d'explications sur les changements annoncés dans le budget de jeudi.

PLUS:pc