Loi 101: l'OQLF sera plus actif, annonce la ministre Christine St-Pierre

Loi 101

Première Publication: 30/03/2012 13:50 Mis à jour: 30/03/2012 18:40

QUÉBEC - L'Office québécois de la langue française (OQLF) s'apprête à donner un coup de barre pour freiner l'anglicisation de l'affichage commercial à Montréal.

En effet, l'organisme n'attendra plus les plaintes avant d'ouvrir une enquête et ira constater de visu sur le terrain les infractions à la loi 101.

La ministre responsable de l'application de la Charte de la langue française, Christine St-Pierre, en a fait l'annonce vendredi à l'Assemblée nationale au terme d'un débat portant sur la protection du français avec le député indépendant Pierre Curzi.

«La loi prévoit que l'Office peut prendre des mandats d'initiative mais il n'en prenait pas, il agissait uniquement sur la base de plaintes. Maintenant, l'Office va prendre des mandats d'initiative», a déclaré la ministre en point de presse.

La situation du français à Montréal est «préoccupante», a reconnu Mme St-Pierre, faisant un constat appuyé par les statistiques de l'OQLF.

L'an dernier, l'OQLF a reçu 3661 plaintes, un bond de près de 1000 comparativement à l'année précédente. La tendance à la hausse ne semble pas fléchir puisque l'organisme anticipe un nombre encore plus élevé de plaintes cette année.

«On s'attend à ce qu'il y ait encore davantage de plaintes, un résultat attribuable à notre campagne de sensibilisation sur l'affichage. Le cas de l'affichage est un enjeu majeur», a fait valoir le porte-parole de l'OQLF, Martin Bergeron.

De fait, le quart des plaintes déposées à l'OQLF porte sur la langue d'affichage. Les autres dossiers ont trait notamment à la langue de travail et à l'étiquetage des produits de consommation.

Quoi qu'il en soit, une infime partie des infractions présumées à la loi 101 traitées annuellement par l'OQLF donne lieu à des poursuites judiciaires.

Bon an mal an, entre 40 et 50 dossiers sont remis au Directeur des poursuites criminels et pénales (DPCP), un maigre 2 pour cent du volume des plaintes reçues.

Souvent taxé de laxisme par les groupes de défense du français, l'OQLF va par ailleurs combler une quarantaine de postes vacants pour s'assurer de l'application de la loi 101, a révélé Mme St-Pierre.

«On avait besoin d'effectifs. Pour faire appliquer la Charte de la langue française, ça prend des gens qui sont capables de travailler sur le terrain et qui sont capables de travailler avec les entreprises. Je pense que c'est une bonne nouvelle», s'est-elle réjouie.

Les 43 postes, qui avaient été laissés vacants par des départs à la retraite en vertu de la politique d'attrition du gouvernement, s'ajouteront aux 26 affichés l'automne dernier.

Mais ces embauches ne signifient pas une augmentation des effectifs au sein de l'OQLF, a dû admettre la ministre.

«Il n'y a pas de gain net. Il y avait un gel d'embauche, on s'en allait vers beaucoup moins de personnes et là, on est capable de combler 69 postes», a-t-elle dit.

Selon le rapport de gestion de l'OQLF, ses effectifs étaient de 251 au 31 mars 2011. Avec les nouvelles embauches, l'OQLF comptera 246 employés, cinq de moins qu'il y a un an.

Du reste, Mme St-Pierre n'était pas en mesure vendredi de préciser combien de postes seront réservés aux enquêteurs. Présentement, une cinquantaine d'employés de l'OQLF sont affectés au traitement des plaintes.

«Pour les célébrations, on va y aller un peu plus doucement», a réagi le porte-parole du Parti québécois en matière de langue, Yves-François Blanchet.

«On ne fait que combler l'attrition. Il y a des gens qui s'en vont et on va les remplacer plutôt que de ne pas les remplacer. Autrement dit, on va éviter que la ressource disponible à l'office soit diminuée», a dit le député de Drummond, peu impressionné.

Sondage rapide

Pensez-vous que cette action sera efficace pour la préservation de la langue française?

VOTER

SUIVRE LE Québec

Publié par Patrick White  |