NOUVELLES

Les autorités françaises arrêtent 19 islamistes présumés

30/03/2012 02:28 EDT | Actualisé 30/05/2012 05:12 EDT

PARIS - Le président français a annoncé, vendredi, l'interpellation de 19 personnes soupçonnées de liens avec l'islamisme radical dans la région parisienne et le sud de la France.

Nicolas Sarkozy a affirmé que d'autres opérations seraient menées et pourraient déboucher sur des expulsions du territoire français.

Parmi les suspects, cinq hommes soupçonnés d'appartenir à la mouvance islamiste, âgés d'une trentaine d'années, ont été interpellés dans la région parisienne. Ils ont été placés en garde à vue.

D'autres interpellations ont eu lieu à Toulouse, à Lyon, à Marseille et à Nantes. Le chef du groupe Forsane Alizza (les Cavaliers de la fierté), un groupe salafiste radical, a notamment été interpellé. Des armes ont été saisies.

L'opération, qui n'est pas liée à l'enquête sur les tueries de Toulouse et de Montauban, est menée par la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI).

Devant la presse, le ministre de l'Intérieur, Claude Guéant, a expliqué qu'il s'agissait de gens qui, sur Internet, «se réclamaient du "moudjahidisme" et d'une idéologie extrêmement radicale, une idéologie de combat».

Plusieurs armes ont été saisies lors des perquisitions, dont cinq fusils, trois mitrailleuses et quatre pistolets automatiques, a indiqué M. Guéant.

Selon Me Philippe Missamou, avocat de Forsane Alizza depuis deux mois, les membres du groupe «n'ont pas vocation à prôner le terrorisme».

«Ils n'ont jamais prôné la violence. En revanche, ils ont prôné la légitime défense» sur des questions comme l'interdiction du voile intégral, a-t-il affirmé à l'Associated Press, précisant que le groupe comptait entre 50 et 100 membres. Il a dénoncé des «manoeuvres purement politiques» et a assuré que les membres du groupe ne se cachaient pas.

Une enquête préliminaire avait été lancée en octobre 2011 sur Forsane Alizza, dissous en février par le ministère de l'Intérieur.

Ces interpellations sont «en lien avec une forme d'islamisme radical», a expliqué Nicolas Sarkozy sur Europe-1. «Je ne sais pas si ce sont des filières, mais nous avons des questions à poser, des questions extrêmement précises, à un certain nombre de gens», a-t-il dit.

Cette opération intervient après les tueries de Montauban et de Toulouse, qui ont fait sept morts, dont quatre personnes dans une école juive. Ces meurtres ont été revendiqués par un jeune Français se réclamant d'Al-Qaïda, Mohamed Merah, tué le 22 mars lors de l'intervention des forces de l'ordre dans l'appartement où il était retranché. Il a été inhumé jeudi près de Toulouse.

Nicolas Sarkozy a comparé le traumatisme de Toulouse et de Montauban à celui des attentats du 11 septembre 2001 aux États-Unis. «On ne peut pas rester sans en tirer des conclusions», a-t-il estimé.

«Il y aura d'ailleurs d'autres opérations qui continueront et qui nous permettront également d'expulser du territoire national un certain nombre de gens qui n'ont, au fond, rien à y faire», a ajouté le président, sans préciser quels seraient les critères d'expulsion.

«C'est notre devoir de garantir la sécurité des Français. Nous n'avons pas le choix. C'est absolument indispensable. Et c'est le premier travail du chef d'État que de protéger les Français», a dit le président sortant, à l'approche du premier tour de la présidentielle.

M. Sarkozy a par ailleurs rappelé que les ministères de l'Intérieur et des Affaires étrangères avaient décidé jeudi d'interdire l'entrée sur le territoire français de quatre prédicateurs étrangers invités dans un congrès de l'Union des organisations islamiques de France (UOIF). «Nous ne voulons pas que des gens qui prônent des valeurs contraires à la République soient invités sur notre territoire national», a-t-il réaffirmé vendredi.

Marine Le Pen a pour sa part réclamé vendredi la dissolution de l'UOIF et l'interdiction du congrès de l'organisation. «Plutôt qu'une vaine agitation électoraliste à trois semaines du premier tour, il faut prendre sans tarder et sans faiblesse des mesures contre l'islam radical», a affirmé la candidate du Front national dans un communiqué.

La veille, sur son site Internet, l'UOIF s'était dite très surprise de la décision des pouvoirs publics, qui «blesse profondément la communauté musulmane car elle renforce l'amalgame dans l'opinion publique».

PLUS:pc