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La rémunération des grands patrons de Bell et de Bombardier bondit

30/03/2012 11:53 EDT | Actualisé 30/05/2012 05:12 EDT

MONTRÉAL - Les hauts dirigeants de Bombardier (TSX:BBD.B) et de Bell Canada (TSX:BCE) ont connu une bonne année 2011, leur rémunération s'appréciant considérablement par rapport à 2010.

Le président et chef de la direction de Bell, George Cope, a remporté le gros lot. Sa rémunération totale a atteint pas moins de 9,62 millions $ en 2011, soit plus du double des 4,27 millions $ qu'il avait touchés en 2010, indique la plus récente circulaire d'information du géant des télécommunications.

Le salaire de base de M. Cope est resté stable à 1,25 million $, tout comme sa prime de rendement de 2,45 millions $. Par contre, il a eu droit à des attributions en actions et en options d'achat d'actions chiffrées à 5,3 millions $ alors qu'il n'avait rien reçu de tel en 2010 et en 2009.

Les émoluments des quatre autres plus hauts dirigeants de Bell ont quant à eux connu des progressions oscillant entre 76 et 107 pour cent sur un an. Siim Vanaselja, chef des affaires financières et seul du groupe à habiter à Montréal, a vu sa rémunération passer de 1,69 million $ en 2010 à 3,05 millions $ en 2011.

Du côté de Bombardier, la rémunération totale du président et chef de la direction, Pierre Beaudoin, s'est élevée à 8,17 millions $ en 2011, en hausse de 19,1 pour cent par rapport aux 6,86 millions $ de 2010.

Son salaire de base a augmenté d'environ six pour cent pour atteindre 1,4 million $. Il faut ajouter à cela une prime de rendement de 1,57 million $ ainsi que des attributions à base d'actions et d'options totalisant 4,75 millions $.

Les quatre autres plus hauts dirigeants de Bombardier ont eu droit à une hausse de leur rémunération totale variant entre 4,3 et 32,4 pour cent. Le président du conseil d'administration de l'entreprise, Laurent Beaudoin, a quant à lui touché 1,7 million $ en 2011, contre 1,8 million $ en 2010.

La croissance de la rémunération des grands patrons de Bell Canada et de Bombardier contraste avec leurs résultats financiers de 2011. Les profits nets de Bell ont crû d'à peine 6,6 pour cent par rapport à 2010 alors que chez Bombardier, l'augmentation a atteint huit pour cent.

Le Mouvement d'éducation et de défense des actionnaires (MÉDAC) a déposé trois propositions portant sur les pratiques de rémunération de Bombardier et de BCE en vue des assemblées annuelles des deux entreprises, qui auront lieu le mois prochain.

La première proposition du MÉDAC vise à faire en sorte que les options octroyées aux hauts dirigeants ne puissent être exercées qu'en fonction de l'atteinte d'objectifs «mesurables» comme la croissance du bénéfice par action. La deuxième exige que la rémunération des hauts dirigeants soit liée aux résultats de l'entreprise, et ce, en comparaison avec ceux d'organisations semblables. La troisième proposition porte sur l'indépendance des conseillers en rémunération.

Bombardier et BCE recommandent à leurs actionnaires de voter contre les trois propositions du MÉDAC, soutenant que leurs pratiques actuelles en matière de rémunération sont adéquates.

Sheila Fraser chez Bombardier

La circulaire d'information de Bombardier indique par ailleurs que l'entreprise a recruté Sheila Fraser, ancienne vérificatrice générale du Canada, pour un poste à son conseil d'administration. Mme Fraser rejoindra ainsi son prédécesseur à Ottawa, Denis Desautels, qui siège au conseil de Bombardier depuis 2003.

On apprend enfin que Joanne Bissonnette, 50 ans, remplacera sa mère, Janine Bombardier, au conseil. Mme Bombardier, aujourd'hui âgée de 78 ans, est l'aînée des filles du fondateur de l'entreprise, Joseph-Armand Bombardier. Elle sera désormais «administratrice honoraire».

L'action de Bombardier a perdu vendredi 3 cents à 4,14 $ à la Bourse de Toronto, alors que celle de Bell a terminé la journée à 39,94 $, en baisse de 6 cents.

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