Huffpost Canada Quebec qc

La demande d'injonction d'un étudiant réfractaire aux grèves est rejetée

Publication: Mis à jour:

MONTRÉAL - Le Collège d'Alma devra reprendre ses cours lundi à la suite d'une ordonnance d’injonction interlocutoire prononcée vendredi, alors qu'un étudiant de l'Université de Montréal a vu une semblable demande rejetée.

Le juge Jean Lemelin de la Cour supérieure du Québec a accepté la requête en injonction d'une étudiante opposée à la grève. Sophie Déry réclamait la reprise des cours, estimant que le deuxième vote du 7 mars n'était pas légal parce que les règlements de l'assemblée générale n'auraient pas été respectés.

La grève a été amorcée le 19 mars au Cégep d'Alma. Les étudiants ont tenu deux votes avant d'entreprendre leur débrayage. Lors du premier scrutin, ils avaient rejeté le recours à la grève, puis l'ont accepté lors d'un second vote.

Sur son blogue, la direction du collège d'Alma a demandé vendredi aux étudiants de laisser libre accès au collège d’Alma à tous les élèves et à tout le personnel. L'injonction interlocutoire est en vigueur jusqu'au 10 avril, alors qu'elle sera débattue devant le tribunal.

La Fédération nationale des enseignantes et des enseignants du Québec (La FNEEQ) a pour sa part dénoncé par voie de communiqué l'injonction provisoire décrétée vendredi.

Selon elle, la judiciarisation, dans un mouvement social de l'envergure que connaît le Québec actuellement, apparaît tout à fait déplacée et augmente singulièrement les risques de dérapages, que l'absence d'ouverture du gouvernement a déjà sérieusement générés.

«Le jugement lui-même semble bâclé, a signifié le président de la FNEEQ, Jean Trudelle. On n'y retrouve aucune trace des critères habituellement utilisés pour imposer une telle injonction. Tout donne l'impression d'une intrusion juridique injustifiée dans le contexte actuel».

Éric Galarneau, président du Syndicat des enseignantes et des enseignants du Collège d'Alma, s'est dit inquiet des conséquences de cette injonction sur le climat interne du collège. «Les privilèges d'un individu ont préséance sur le choix collectif d'appuyer la cause sociale de l'égalité des chances en matière d'enseignement supérieur», a-t-il déclaré.

Par ailleurs, Guillaume Charette, inscrit en droit à l'Université de Montréal, a vu sa requête déboutée en Cour supérieure par le juge Luc Lefebvre. Il soutenait que les étudiants qui ont payé pour des cours devraient avoir le droit de les suivre sans obstruction ou harcèlement.

Sa requête visait l'Association des étudiants en droit, la Fédération des associations étudiantes du campus de l'Université de Montréal (Faécum), l'Association pour une solidarité syndicale étudiante (Assé), et la vice-rectrice aux affaires étudiantes et au développement durable de l'Université de Montréal.

Après avoir pris connaissance de la décision du tribunal, Guillaume Charette a expliqué son revers par son incapacité à prouver que les injonctions étaient nécessaires.

Le tribunal lui a indiqué que sa requête ne contenait pas les critères requis pour que l'injonction soit accordée. Pour obtenir une injonction préliminaire, Guillaume Charette devait démontrer l'urgence de sa requête et prouver qu'il avait subi des préjudices irréparables.

M. Charette avait expliqué n'avoir pu se rendre en classe lors de deux journées en particulier au cours de la dernière semaine. Il a soutenu que la notion de «grève étudiante» ne fait aucun sens car les étudiants sont davantage des consommateurs que des travailleurs syndiqués.

Le jeune homme a signifié que des étudiants avaient le droit de protester mais que cela ne devrait pas contraindre tous les autres à suivre la même voie. Il a aussi demandé à l'Université de Montréal de reprendre les cours annulés durant les protestations.

Sur le web

L'étudiant contre la grève débouté en Cour supérieure

La cause de Laurent Proulx sera entendue lundi matin

Constats d'infraction remis à 14 étudiants à Québec

Mouvement étudiant Les perturbations se poursuivent à Montréal

Débordements étudiants: Charest demeure ferme

Un étudiant revendique son droit d'étudier

Un étudiant demande une injonction pour briser les piquets de grève.

Un étudiant en cour contre les grévistes | Caroline Touzin | Éducation

24h Montréal – Actualités - Un étudiant revendique son droit d'étudier