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Kofi Annan appelle le régime syrien à poser un geste de bonne volonté

30/03/2012 05:33 EDT | Actualisé 30/05/2012 05:12 EDT

BEYROUTH - Des accrochages et des manifestations ont eu lieu vendredi dans plusieurs parties de la Syrie, compliquant davantage la mission de paix de l'émissaire de l'ONU et de la Ligue arabe, Kofi Annan, qui a exhorté le gouvernement à baisser les armes le premier pour mettre fin à la crise dans le pays.

Le président Bachar el-Assad a accepté le plan de sortie de crise de Kofi Annan plus tôt cette semaine et a promis jeudi de «ne ménager aucun effort» pour s'assurer de son succès. Mais il a aussi demandé que les rebelles armés qui combattent son régime s'engagent eux aussi à cesser les violences.

Des militants ont rapporté des affrontements vendredi entre des soldats et des rebelles, notamment près de la capitale, dans la province d'Idlib, dans le nord, dans la province rebelle de Hama, dans le centre, ainsi que dans l'est du pays.

Selon les Comités locaux de coordination, 42 personnes ont été tuées à travers le pays vendredi, dont 13 dans la ville de Quriya, dans la province de Deir el-Zour. Les forces de sécurité ont ouvert le feu dans cette province de l'est pour disperser des manifestants, déclenchant une fusillade et des affrontements violents avec les rebelles armés de la région.

L'Observatoire syrien des droits de l'homme a quant à lui annoncé un bilan de 34 morts.

Des milliers de manifestants en colère se sont rassemblés un peu partout dans le pays après la grande prière de la mi-journée, appelant à la chute du régime et dénonçant les résolutions adoptées par les dirigeants de la Ligue arabe lors d'un sommet la veille à Bagdad. Les dirigeants arabes ont appelé à des pourparlers entre le gouvernement et l'opposition, mais pas à la démission de Bachar el-Assad, l'une des principales demandes de l'opposition.

«Discuter avec le boucher?», pouvait-on lire sur une bannière portée par un enfant à Arbeen, en banlieue de Damas.

«L'arme la plus affligeante auxquels les Syriens font face est l'abandon des Arabes et le silence des musulmans», disait une autre bannière à Kfarrouma, dans le nord du pays.

De nombreux Syriens sont frustrés du manque de volonté de la communauté internationale à lancer une intervention militaire en Syrie, et pensent que le président El-Assad n'a pas vraiment l'intention de mettre en application le plan de Kofi Annan, estimant que le régime tente simplement de gagner du temps tout en continuant de réprimer l'opposition dans le sang.

Le plan de Kofi Annan appelle notamment à une trêve de deux heures par jour pour permettre l'acheminement d'aide humanitaire, et des examens médicaux dans les zones touchées par les violences. Le plan demande aussi un cessez-le-feu complet, et le retrait des troupes et des chars des régions habitées.

«Le gouvernement doit cesser (les violences) en premier et discuter ensuite de la fin des hostilités avec l'autre partie», a dit le porte-parole de M. Annan, Ahmad Fawzi, devant les journalistes à Genève. «Nous appelons le camp le plus fort à poser un geste de bonne volonté. La date limite est: maintenant.»

D'après le plus récent bilan des Nations unies, plus de 9000 personnes ont été tuées dans la répression du soulèvement contre le régime syrien depuis mars 2011.

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