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Les suppléments de retraite payés aux hauts dirigeants du secteur public dénoncés

30/03/2012 08:55 EDT | Actualisé 30/05/2012 05:12 EDT
Radio-Canada.ca

(Radio-Canada.ca)

Les hauts salariés des secteurs publics et parapublics québécois bénéficient d'une rente de retraite bonifiée sans avoir à y contribuer, une situation que dénoncent les syndicats de professeurs des Universités du Québec.

Ces derniers réclament la fin des régimes supplémentaires de retraite accordés aux hauts dirigeants des établissements d'enseignement, des régimes payés en entier par l'État.

Rappelons qu'au Canada, les cotisations à un régime de retraite à prestations déterminées sont plafonnées. Il est impossible d'obtenir plus de 70 % d'un salaire maximum de 156 000 dollars.

Ceux qui gagnent plus et qui veulent une retraite basée sur leur salaire réel doivent avoir accès à un régime supplémentaire.

L'Université du Québec en offre un à 80 hauts dirigeants. Toutefois, le supplément n'est pas payé à parts égales par l'employé et l'employeur, comme c'est le cas pour le régime de retraite régulier. La cotisation est plutôt payée à 100 % par l'État.

« C'est pris à 100 % à même les budgets de fonctionnement. C'est assez spécial dans le contexte où les gens parlent d'un sous-financement des universités », dénonce Pierre Baillargeon, président du syndicat des professeurs de l'UQTR.

Selon le syndicat, la retraite d'un recteur peut ainsi augmenter de 101 000 à 138 000 dollars, soit une différence de 37 000 dollars par année, indexée à vie.

Les enseignants estiment que par principe, les hauts cadres devraient en partager le coût.

« Qu'ils voient à ce qu'il y ait au moins un montant donné par le gouvernement, mais que ce ne soit pas pris sur la recherche et l'enseignement », ajoute M. Baillargeon.

Ce régime est copié sur celui du gouvernement, où 90 cadres supérieurs voient leur cotisation pour la rente supplémentaire entièrement payée par le gouvernement. La situation est similaire pour certains hauts salariés des secteurs de l'éducation et de la santé.

Rappelons que les salaires des dirigeants universitaires sont sous dans la mire, notamment, des opposants à la hausse des droits de scolarité au Québec.