Âge d'admissibilité à la sécurité de la vieillesse: de la cruauté, dit un groupe

Retirement

Première Publication: 30/03/2012 14:58 Mis à jour: 30/03/2012 17:25

MONTRÉAL - Des groupes de défense des droits des personnes âgées sont outrés du relèvement de l'âge d'admissibilité à la Sécurité de la vieillesse, annoncé dans le budget Flaherty. L'un d'eux, l'AQDR, parle de «pure cruauté» de la part du gouvernement fédéral envers les aînés les plus démunis de la société.

En entrevue vendredi, le président de l'Association québécoise de défense des droits des retraités, Louis Plamondon, a dit trouver «épouvantable» l'annonce faite par le ministre des Finances Jim Flaherty à l'effet que l'âge d'admissibilité aux programmes de la Sécurité de la vieillesse et du Supplément de revenu garanti sera relevé graduellement de 65 à 67 ans, à compter d'avril 2023.

«De quoi vont vivre ces gens-là? Déjà, l'âge moyen de la retraite au Canada, c'est 60 ans», s'est exclamé M. Plamondon.

«Ces politiques-là, ça a pour effet de diminuer les revenus des gens aînés. Dans le cas du projet fédéral, c'est de la pure cruauté que d'annoncer une chose semblable», a-t-il lancé.

Au Réseau FADOQ (Fédération de l'âge d'or), le directeur général Danis Prudhomme rappelle que les programmes de Sécurité de la vieillesse et du Supplément de revenu garanti viennent en aide aux aînés qui ont le moins de revenus, qui n'ont souvent pas de régime de retraite de leur employeur et pas de Régime enregistré d'épargne-retraite (REÉR).

Le Supplément de revenu garanti s'adresse aux plus démunis. La prestation de la Sécurité de la vieillesse est universelle, mais à partir d'un certain seuil de revenu, «on va la remettre via l'impôt si on gagne trop annuellement», explique M. Prudhomme.

Et il ajoute que pour toucher des prestations du Régime des rentes du Québec, il faut avoir occupé un emploi et avoir cotisé, ce qui exclut plusieurs femmes âgées qui sont restées à la maison pour s'occuper des enfants. «Tout ce que ça leur laisse c'est la Sécurité de la vieillesse et le Supplément de revenu garanti. Et, si le mari décède, il y a pour les veuves une certaine allocation. Il y a certaines allocations autres pour le logement, mais c'est tout. On parle de gens qui, en moyenne, vont avoir un revenu d'à peu près 17 000 $, soit tout juste le seuil de pauvreté», explique M. Prudhomme en entrevue.

Tant M. Prudhomme que M. Plamondon craignent que ces personnes âgées démunies doivent se tourner vers l'aide sociale, l'aide de dernier recours qui est de compétence provinciale.

Théoriquement, les prestations d'aide sociale prennent fin à 65 ans, puis la Sécurité de la vieillesse et le Supplément de revenu garanti prennent le relais. Les deux hommes se demandent si le régime québécois d'aide sociale ne devra pas être amendé afin de venir en aide à ces aînés qui auront entre 65 et 67 ans.

Le budget Flaherty évoque bien une compensation qui sera versée aux provinces, mais il n'est pas clair, dans le contexte, si cela fait référence à l'aide sociale ou à d'autres programmes de soutien aux aînés.

«Le gouvernement offrira une compensation aux provinces et aux territoires au titre des coûts additionnels nets auxquels ils feront face en raison de la hausse de l'âge d'admissibilité aux prestations de la Sécurité de la vieillesse», est-il écrit dans le document de 564 pages.

Les provinces, dont le Québec, devront donc s'entendre avec le gouvernement fédéral sur l'ampleur des sommes à verser pour venir en aide à ces aînés.

SUIVRE LE Québec

Publié par Patrick White  |